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COMBAT DE MODDER-RIVER. 2O

précision du tir des Boers et la terrifiante efficacité de ces feux rasants des armes à petit calibre, que la phrase suivante du rapport de lord Methuen : « Le colonel Hall (commandant l'artillerie) se plaint de n'avoir pas connu exactement l'objectif de l'attaque ; mais il est certain que, lorsqu'il est impossible de parcourir le terrain à cheval à 2.000 yards (1.600 mètres) de l'ennemi, sans risquer d'être atteint par les projectiles, on manque de moyens pour transmettre les ordres (')•*>

Ainsi, la difficulté des reconnaissances et celle des communications par estafettes entravèrent la direction du combat. On manqua d'ordres toute la journée. Toutes les correspondances des reportera et des officiers retentissent du même cri: « Nous n'avions pas d'ordres

Nous ne savions 011 l'on en était ni que faire. » Au début et avant l'action, lord Methuen avait eu incontestablement le tortue ne pas initier ses subordonnés à ses intentions, de ne pas les réunir pour leur faire connaître son plan d'engagement. Une fois les troupes engagées, il lui devint impossible de communiquer avec elles, de leur faire sentir son impulsion. Et c'est là encore un enseignement pour l'avenir. Plus que jamais, le mot de Dragomirow est vrai : « Avant le combat, chacun doit connaître sa manœuvre. »

Les troupes anglaises ne savaient ce qu'elles avaient à faire et, difficulté plus grave encore, elles ignoraient à qui elles avaient affaire. On ne leur proposait pas d'objectif et, en raison de l'invisibilité des Boers, elles ne pouvaient s'en assigner un bien défini. Ici s'accusait nettement, à côté de l'efficacité du tir, une autre propriété

(1) Revue du Cercle militaire, n« 7 de 1900.

de rarmement moderne, celle qui résulte de la poudre sans fumée. Dans la défensive et avec le moindre défilement, cette poudre donne un avantage indéniable. Les tirailleurs embusqués derrière une tranchée échappent si complètement aux vues, même en fournissant les feux les plus nourris, que les Anglais, d'après leur propre aveu, combattirent toute la journée sans se douter de l'existence des tranchées boers sur la rive sud. Le feu de leur artillerie et de leur infanterie n'eut jamais comme objectif que la rive nord et encore, les emplacements des Boers, sur cette rive, étant diflicilement appréciables à réclair intermittent de leurs pièces, les artilleurs anglais durent-ils tirer la plupart du temps au jugé, en concentrant leurs salves contre les maisons de Modder-River ou les bosquets des îles.

Canonnade soutenue, où Tartillerie anglaise envoie sur les positions adverses des tonnes de projectiles (200 coups par pièce environ) ; longues pauses de l'infanterie collée au sol ; bonds très courts, immédiatement arrêtés par les rafales de la mousqueterie boer ; accalmies marquant la lassitude générale, puis reprises du feu sous l'impulsion de quelques officiers énergiques ; inertie dans l'ensemble et manque de direction ; tel est le tableau de la journée jusqu'à 3 heures de l'après-dîner.

Dans cette phase où le haut commandement ne se fait pas sentir, les seuls actes, les seuls épisodes à noter sont dus à l'initiative individuelle. C'est ainsi qu'à l'extrême droite deux tentatives désespérées, celle du capitaine Lowther avec quelques Scotset celle du colonel Codrington avec une compagnie de Coldstreams, franchissant la Riet et essayani de tourner la gauche des Boers, échouent et aboutissent à la perte d'une poignée de braves.

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