LA COLONNE FRENCH
Si la cavalerie faisait complètement défaut au senice de recounaissance de Gatacre, Tinfanterie, obscnons-lc en passant, manquait non moins complètement au général French. A un ennemi essentiellement mobile, il était certes bon de pouvoir opposer une forte proportion de troupes montées et nous verrons, dans la suite de la campagne, les formations anglaises s'accommoder de plus en plus à ce principe. Mais, dans la région montueuse des environs de Colesberg, quelques bonnes compagnies de fantassins auraient trouvé leur emploi pour çjarder les positions conquises. La fluidité excessive de la défensive boer ne légitimait pas, absolument, celle du coi*ps adverse.
Les aptitudes cavalières de ce corps n'étaient pas elles-mêmes exemptes de critique. Les chevaux des régiments réguliers, épuisés par la traversée, atteints par une maladie du pays, la horse sickness, succombaient en cjrande quantité, ou se trouvaient indisponibles. Ceux de l'infanterie montée, achetés aux Basoutos ou aux fermiers de la région, étaient à l'abri de toute épidémie, petits et résistants, parfaitement propres au service et semblables aux montures des Boers; mais leur harnachement n'était pas fait pour eux ; leurs cavaliers, assez novices et sans expérience des soins qu'ils réclamaient, les fatiguaient outre mesure. Seuls, les détachements australiens et zélandais offraient, à la fois, des montures rapidement acclimatées et des hommes rompus aux çirandes courses dans la brousse. Aussi, pendant longtemps, tout le service d'exploration incomba à cette cavalerie irrégulière.
Sur cette ligne, comme sur celle d'East-London, les Républicains reculèrent dès qu'ils eurent vent de la
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concentration anglaise. Ils évacuèrent Naauwport, que le général French occupa le 21 novembre, et se replièrent sur Arundel, où il les reconnut le surlendemain.
Depuis cette date jusqu'à la fin de Tannée, ce ne fut qu'une suite d'escarmouches et d'affaires d'avant^postes, singulièrement grossies par les bulletins anglais. Deux, seulement, de ces rencontres méritent — et encore — le nom de combat: celle du 8 décembre, qui fit tomber Arundel aux mains du général French, et celle du i3 décembre, où trois régiments de cavalerie et une batterie à cheval s'engagèrent, à Vaalkop, au nord d'Arundel, contre un détachement de 1.800 Boers. Ces derniers, qui menaçaient Arundel, furent refoulés.
Après l'affaire du i3 décembre, le général French, établi à Naauwport avec avancée à Arundel, se borna à couvrir ses communications sur la ligne Naauwport-De Aar et sur la ligne Naauwport-Stormberg.
LA COLONNE BULLER AU NATAL (23 novembre-fin décembre)
Dans le plan du général Buller, le Natal était, sinon le théâtre principal d'opérations, du moins celui qui réclamait les plus gros effectifs. Le général lui attribuait quatre des six brigades de son corps d'armée et se proposait de prendre en personne le commandement de ces forces, une fois réunies.
En attendant, il avait détourné, sur Durban, les premiers arrivages destinés au Cap et poussé par petits paquets, au secours de Ladysmith, les bataillons de la