PASSAGE DE LA TUGELA
ter les Boers à BraUFontein et faciliter, d'autant, le passage ultérieur de Warren à Tritchardt's-Drift.
16 janvier. — Dans la matinée du i6, par suite, les 4* et 10* brigades quittèrent le camp et se portèrent aux emplacements qui leur avaient été assignés, en face des gués ; Lyttelton au mont Alice, Coke sur le Swart-Kop. Les troupes de Warren demeurèrent provisoirement à Spearman's-Farm.
A 1 heures de l'après-midi, les pièces de marine en batterie sur les hauteurs au sud de Potgieter ouvrirent le feu contre Spion-Kop et Brakfontein, pour protéger le passage de la brigade Lyttelton. Du mont Alice, cette brigade se glissa jusqu'à la rivière, en se dissimulant de son mieux. Quelques compagnies d'avant-garde la franchirent au gué, les hommes ayant de l'eau jusqu'aux aisselles et se tenant par la main pour résister au courant. A peine sur la rive nord, ces compagnies prenaient leur formation de combat et, quand on disposa d'un bataillon, on le porta, dans cette formation, jusqu'aux trois kopjes de One-Tree-Hill, qui barraient, à 3.ooo mètres des positions boers, le coude de la Tugela où est situé le gué de Potgieter.
Pendant ce temps, on travaillait activement à compléter la réparation du bac enlevé par les cavaliers de Dundonald. A 6 heures du soir ce bac était en état et transportait une demi-compagnie à chaque voyage. Avant la tombée de la nuil>, la moitié de la brigade était établie à One-Tree-Hill ; le reste attendant, sur la rive sud, les premières heures du lendemain pour passer à son tour.
Tout ce mouvement s'effectua sans difficulté, grâce à l'emplacement du gué dans un rentrant que l'artillerie anglaise maîtrisait sur ses deux faces. Les Boers n'essayè-
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renl même pas de défendre les collines d'One-Tree-Hill, qui subissaient aussi cette action embrassante. Ils prirent cependant les armes et, toute la nuit, on entendit leurs hymnes retentir sur le plateau de Brakfontein.
/7 janvier. — A Taube, les dernières troupes de la brigade Lyttelton passèrent rapidement, les unes sur le bac, les autres sur un pont de bateaux jeté dans la nuit un peu à Test du gué ; elles emmenaient avec elles la batterie d'obusiers. Des kopjes d'One-Tree-Hill, cettfe brigade tenait sous sa menace les hauteurs de Brakfontein et détournait l'attention de Tennemi de Tritchardt's-Drift.
A 5 heures et demie du matin, les canons de marine, appuyés peu après par les obusiers, commencèrent à bombarder Brakfontein. Le feu fut entretenu, très vif, pendant deux heures et, comme les tranchées des Boers n'étaient pas encore complètement terminées, il leur infligea, d'après leur propre aveu, des pertes assez sensibles. Ils s'abstinrent, cependant, d'y répondre.
Vers 8 heures, la canonnade du mont Alice se ralentit progressivement mais fut remplacée par le feu des batteries du général Warren, établies sur le contrefort ouest de Spearman's-IIilI. Ce général, qui avait profité de la nuit pour rapprocher ses troupes de Tritchardt's-Drîft, se préparait également à franchir la Tugela. Il reconnut bientôt que les abords du gué n'étaient pas défendus sur la rive nord et il donna des ordres pour qu'on doublât le gué par un pont de bateaux, large de-yS mètres, jeté à 2 kilomètres en amont.
A g heures 3o, malgré le tir à grande distance de quelques Boers embusqués à la ferme de Wright, ce pont était achevé. Immédiatement, la brigade Woodgate le franchit ; elle fut suivie par les brigades Hart et Hildyard
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avec quelques canons, puis par la cavalerie et l'infanterie montée qui traversèrent partie au gué, partie sur le pont. Dès leur arrivée sur la rive nord, ces troupes appuyèrent à l'ouest, vers le confluent de la Tugela et de la Venter. Les brigades Hart et Woodgate, chargées du service de sécurité, occupèrent l'étage inférieur du promontoire du Tabamyama qui domine Tritchardt's-Drift. Elles ne rencontrèrent aucune résistance des Boers, que l'on voyait travailler activement sur le plateau ; mais qui paraissaient absorbés par la construction de leurs retranchements.
Le général Buller, qui avait assisté à cette opération, approuva les dispositions jprises et recommanda de hâter le passage du convoi.
Combat d' Acton^Holmes (/<S janvier). — Toute la nuit du 17 et toute la journée du i8 furent, cependant, consacrées à l'écoulement du reste de l'artillerie et des trains. L'infanterie demeura en position pour protéger cet écoulement. L'artillerie, en batterie à la ferme de Wright, un peu au nord-ouest de Tritchardt's-Drift, canonnait les positions boers.
Plus léger et plus rapide, lord Dundonald, qui s'était débarrassé de tous impedimenta, avait poussé, le soir même du 17, assez loin dans la vallée de la Venter. Le 18 au matin, son avant-garde, composée des carabiniers du Natal et d'un peloton de l'Impérial Light Horse, approchait d'Acton-Holmes, lorsque le major Mackensie, qui la commandait, apprit par les éclaireurs qu'un parti boer^ suivant la route Devdrop-Acton, marchait dans la direction du Tintwa-Pass. Sans perdre un instant, il mit sa troupe au galop, fit à cette allure une heure de trajet et gagna, au nord de cette route, le sommet d'un kop qui
là commandait. Les Boers, avançant sans défiance, furent accueillis par un feu de salve qui en coucha une quarantaine sur le carreau et, malgré leur avantage numérique (ils étaient 3oo contre i5o), se replièrent sur un autre kop, d'où ils soutinrent quelque temps un feu décousu; puis disparurent vers l'ouest.
Lord Dundonald installa de suite sa brigade sur la position dont Mackensie l'avait rendu maître. Renforcé par le i*' dragons, que lui envoya sir R. Buller, il y passa la nuit, sans être inquiété.
Mentionnons pour mémoire, dans cette même journée du i8, une démonstration de la brigade Lyttelton sur Brakfontein. Protégés par le feu des pièces de marine qui commencèrent à tirer à 5 heures 3o du matin, trois bataillons.de cette brigade s'avancèrent jusqu'à la seconde ligne de coteaux, à i.ooo mètres de la position ennemie. Si l'on espérait ainsi contraindre les Boers à se découvrir, on en fut pour ses frais, car ils ne donnèrent pas signe de vie. Un résultat, du moins, était atteint, qui consistait à les occuper pendant que Warren achevait péniblement son passage.
Abandon par sir G. Warren du plan du général Buller (^jf) janvier). — Lord Dundonald, tenant la clef du plateau, attendait avec confiance l'arrivée de sir G. Warren. Avec un peu de diligence, ce dernier aurait pu, dans la soirée du 1 8 ou dans la nuit du ig, franchir les 1 1 kilomètres qui le séparaient d'Acton-Holmes. A tout le moins devait-il y être le ig au matin. Grande fut donc la surprise de son lieutenant en recevant, au lieu du renfort espéré, l'ordre de se replier, le jour même, sur Tritchardt's-Drift.