‹ La guerre sud-africaineChapitre 54 sur 75 · COMBAT DE VENTER-SPRUIT · texte numérisé non relu

COMBAT DE VENTER-SPRUIT

temps, reconnaissant que ses canons de campagne étaient ou bien sans vues à Three-Tree-Hill, ou bien hors de bonne portée dans la vallée, il demanda le renfort de 4 obusiers.

Ces derniers lui arrivèrent de bonne heure, le lendemain 22, et allèrent rejoindre les batteries en position sur les bords de la Venter. Toute la journée du 22 et celle du 23, ce groupe d'artillerie et celui de Three-Tree- Hill bombardèrent les positions de l'ennemi, sans que celui-ci parût incommodé et qu'on osât lui donner assaut.

Pendant qu'on tâtonnait de la sorte, pour se frayer un chemin vers Ladysmith, les défenseurs de cette place avaient, le 20 et le 22, effectué deux sorties, qui furent immédiatement refoulées. Devant Colenso, les Anglais n'étaient pas plus heureux : la brigade Barton, partant de Chieveley, avait fait, contre Hlangwane-Hill, une démonstration qui entraîna des pertes assez sérieuses et prouva que les Boers ne s'étaient pas complètement dégarnis de ce côté.

Ainsi, après quatre jours d'efforts dirigés contre le Tabamyama, bien que l'ennemi eût abandonné, le 20, ses premières positions, le corps de sir G.Warren n'avait pas réalisé de progrès appréciables, a Ses troupes, suivant le rapport de sir R. Buller, avaient été maintenues^ tout ce temps, au bord d'une colline presque à pic, continuelment exposée aux feux d'artillerie et de mousqueterie ; sa position ne comportait pas de seconde ligne ; ses soutiens étaient massés immédiatement derrière la ligne de feu, dans des formations défectueuses, si bien qu'en cas de panique ou d'une attaque inopinée de l'ennemi, on courait le risque d'être à tout moment rejeté en désordre au bas de la colline. »

Toutes ces critiques, sir R. BuUer les fit de vive voix à son lieutenant, le 23 au soir, en ajoutant que, à son sens, il fallait sortir de cette position dangereuse, attaquer ou reculer, ou mieux encore revenir à son mouvement tournant. Sir G.Warren émit un autre avis, qui était d'enlever Spion-Kop ; il fit valoir toutes les propriétés de cette clef tactique et déclara que ses mesures étaient déjà prises pour tenter un coup de main dans la nuit du 23 au 24, qu'il avait désigné le général Coke pour conduire cette opération.

L'importance de Spion-Kop était indéniable ; ce plateau triangulaire dominait les hauteurs voisines et, en y plaçant de l'artillerie, on pouvait enfiler les tranchées du Tabamyama ou de Brakfontein de façon à en chasser les défenseurs. Le succès de l'attaque paraissait admissible, car, depuis trois jours, toute l'attention et le gros des forces des Boers avaient été reportés à leur extrême droite et ils ne devaient pas avoir grand monde sur cette cime isolée. Le général en chef donna donc son approbation au projet de sir G.Warren, sous la seule réserve que le général Coke, récemment blessé et boitant encore, se^ rait remplacé par le général Woodgate.

Surprise de Spion-Kop {nuit du a3 au 24 janvier). — Dans la nuit du 23 au 24^ vers minuit, les troupes destinées au coup de main se rassemblèrent à 3 kilomètres au nord-est de Tritchardt's-Drift, dans la vallée comprise entre les pentes sud-est du Tabamyama et les pentes occidentales de Spion-Kop. Elles allèrent se grouper au pied du sentier qui, partant de cette vallée, conduit à l'angle sud-ouest de Spion et y attendirent l'ordre de s'ébranler. C'était, comme colonne d'attaque, sous les ordres

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