‹ La guerre sud-africaineChapitre 64 sur 75 · INVESTISSEMENT DU CAMP DE CRONJE · texte numérisé non relu

INVESTISSEMENT DU CAMP DE CRONJE

lieue au sud-est de Wolveskraal. De là, il communî- <{uait optiquement avec les assiégés et leur conservait une sorte de liaison avec Textérieur. Lord Roberts ne pouvait permettre longtemps qu'on le bravât d'aussi près. Dans la journée du 21, Kitchener's-Hill est repris par l'action combinée des batteries d'artillerie et de la brigade de cavalerie Broadwood. Le détachement boer s'enfuit vers le nord-est.

Deux jours après, le 23 février, c'est de Wet en personne qui vient de Golesberg, avec 000 hommes d'élite, pour reprendre Kitchener's-Hill. Il échoue devant le nombre et laisse 87 prisonniers aux mains du vainqueur.

Ce dernier échec scellait la pierre du tombeau. Les soldats de Cronje se sentaient bien définitivement isolés. Par surcroît, le bombardement redoublait de fureur; il ne faisait pas grand mal aux hommes, confinés dans leurs tranchées, mais il portait l'incendie et la mort dans le parc ; toutes les voitures ne formaient plus qu'un immense brasier, les deux tiers des animaux gisaient sur le sol et empoisonnaient l'air de leurs émanations.

On était au 25 février, et lord Roberts venait d'opposer, à tme seconde demande d'armistice, une nouvelle fin de non-recevoir. Désespérés, mourant de faim et suffoqués par une atmosphère viciée, les compagnons de Gronjele pressaient de capituler. Ils commençaient à murmurer et en avaient visiblement assez. « Cronje, comme autrefois Colomb, leur demande un délai de trois jours, et il est convenu qu'on se rendrait si, le 28, on n'avait reçu aucun secours ('). »

C'est aux Angbis que la journée du 26 amène du ren-

(i) Revue du Cercle militaire, n» 33.

fort. Deux batteries de sièçje, Tune de 6 obusiers de i5 centimètres, l'autre de 4 pièces de 10 centimètres, leur sont expédiées de De Aar. Déjà trois batteries montées et 4 pièces de marine de 4 pouces étaient en action sur la rive sud et, sur la rive nord, trois batteries montées, également, avec une batterie d'obusiers et trois canons de marine de î2 livres (*); le reste de Tartillerie tenant la campagne avec le corps volant de French. Grâce aux indications du ballon captif et aux expériences des jours précédents, le tir de chaque pièce avait été soigneusement repéré ; le matériel de renfort est promptement installé sur des emplacements préparés à l'avance et toute cette journée du 26, puis la nuit suivante, un ouragan de fer s'abat sur le camp boer.

Le 27 était l'anniversaire de la défaite de Majuba. Sur les instances de ses officiers, lord Roberts se décide à lui donner une sanglante contre-partie. Dans la nuit du 26 au 27, vers 3 heures du matin, après un dernier déchaînement, le tir de l'artillerie s'apaise, une colonne d'attaque se forme, en silence, dans les tranchées, sur la rive nord de la Modder. C'est aux Canadiens qu'on réserve le coûteux honneur de laver l'affront des armes anglaises et, par une amère dérision, ce sera la compagnie française du major Pelletier qui donnera au point le plus dangereux.

Quittant donc les tranchées à 3 heures précises et appuyant leur droite à la rivière, les Canadiens s'avancent en ordre déployé, sur deux lignes, à 3o mètres de distance l'une de l'autre ; la première ligne, baïonnette au canon, la seconde ligne accompagnée de 00 sapeurs. Deux bataillons écossais les suivent en soutien.

(i) Major L. von Estorff, Dsr Baernkrieg in Sâd-Afrika,

Page 1