XIV NOTICE SUR LE CAPITAINE GILBERT
vécus y attendent leur exhumation. Mettre en œuvre toutes CCS richesses; former avec les officiers les plus distingués de notre état-major général une division historique tenant la place qui lui revient et qu'elle occupe en Allemagne ; lui assigner, comme tâche, la rédaction détaillée et définitive de nos campagnes de 1792 à 181 5 : voilk qui est pour tenter un ministre et provoquer dans Tarmée un courant d'activité intellectuelle et do généreuses aspirations. i8o5, 1806 et plus encore 180g, 181 2 et 181 3, rédigés de la sorte : quel rêve! et quel enseignement à la fois plus réconfortant et plus profitable que la lecture des campagnes de 1866 et de 1870!... Mais, hélas! ce n'est qu'un rêve et nous ne nous dissimulons pas notre impuissance k déterminer un semblable mouvement! »
Une fois par hasard, Gilbert se trompait — fort heureusement! Le « rêve » qu'il avait formé devait se réaliser à brève échéance, grâce, du reste, k la façon si éloquente, si pressante, dont son vœu était formulé. Son premier ouvrage (déjà réédité dans le courant de 1890) avait si bien assis sa réputation diins les milieux militaires et avait commencé de lui assurer sur tous les esprits, dans l'armée, une si grande et si légitime influence, que, « en haut lieu », on commençait k tenir en particulière considération tout ce qui sortait de sa plume. Après quelques tergiversations, dues surtout k des ce nécessités budgétaires », la Section historique fut constituée sur les bases et dans les vues énoncées par les Essais de critique militaire; on sait qu'elle est entrée dans la voie que l'illustre écrivain lui avait indiquée, et ce ne sera pas un mince honneur pour lui d'avoir si puissamment contribué k ce que nous appelions un jour « la renaissance des études historiques au ministère de la guerre ».
Que n'a-t-on écouté également les conseils si sages, si éclairés qu'il prodiguait k nos organisateurs militaires, dans deux autres ouvrages publiés un peu plus tard et desquels nous avons trop de profit k tirer pour ne nous y point arrêter?
Les Sept Etudes militaires, éditées en 1892, par la a librairie de la Nouvelle Revue », avaient paru en autant d'articles dans