NOTICE SUR LE CAPITAINE GILBERT. XV
vv recueil avant d'être réunies en volume, comme les Essais de critique militaire. Leur titre était, certes, encore moins fait pour solliciter Tacheteur et piquer sa curiosité : personne ifnvait plus d'aversion que le digne et honnête capitaine Gilbert pour tout ce qui eût pu ressembler k de la c réclame », et peut-être même poussait-il le scrupule un peu loin, puisqu'il ne prenait même pas souci de chercher, pour ses productions, une étiquette capable, je ne dirai pas même de les faire valoir, mais seulement d'en faire soupçonner la valeur. Il est vrai qu'après le franc et légitime succès des Essais, il pouvait être assuré que tout ce qui porterait sa signature ou sa marque serait accueilli avec empressement et reconnaissance par le public spécial auquel il s'adressait. Or, ce simple recueil d'articles au titre incolore, cet a in-i8 jésus » d'apparence si modeste, est une œuvre absolument magistrale, supérieure même à son premier ouvrage. L'auteur a trouvé moyen d'y passer en revue toutes les grandes questions d'art vX d'organisation militaires k l'ordre du jour dans l'armée « moderne », de les examiner sous toutes leurs faces et d'indiquer, pour chacune d'elles, la solution qu'il serait k désirer qu'elle reçût dans l'intérêt de l'armée et de la défense nationale. Nulle part, G. Gilbert n'a déployé plus de perspicacité et de profondeur, d'originalité et de sens pratique : ce livre devrait être le « bréviaire » de tous les militaires, plus particulièrement de tous les chefs, de tous les organisateurs d'arniée, et aussi, naturellement, de tous les hommes d'Etat ou hommes politiques du concours desquels ceux-ci ne peuvent se passer.
Dans la Question des cadres (c'est le titre de la première des a Sept études »), nos méthodes, nos procédés, nos errements en ce qui concerne le recrutement et la formation des officiers (tant de complément que de l'armée active), sont critiqués avec une sûreté et une vigueur incomparables, et ceux qu'il serait avantageux d'adopter k leur place, exj)Osés avec une puissance et une solidité de démonstration qui forcent la conviction. C'est tout un plan de réformes, profondément mûri et médité ; et, bien que l'écrivain ne cherche, dit-