CHAPITRE XI
battre en retraite après avoir combiné ses mouvements avec ceux de Tarmée turque qui combattait Tchernaieff dans la vallée de la Morava. Promu muchir à la suite de la campagne contre la Serbie, il prit le commandement de Tannée formée à Widdin au début de la guerre de 1877. Il avait sous ses ordres d'excellents auxiliaires, notamment Tevfik pacha, qui remplit auprès de lui à Plevna les fonctions de chef d'état-major, et le vieux général de division Adil pacha. Osman pacha se fit assez oublier pendant la première partie de la campagne : l'occupation delà Roumanie par les Russes, pour ne pas attirer l'attention de Tétat-major moscovite. Le danger d'une concentration sur le flanc droit de l'armée du Danube échappait au grand-duc Nicolas. Quand le général ottoman occupait Widdin, il se bornait à rendre coup de canon pour coup de canon aux Roumains installés à Kalafat, dont les batteries envoyaient de temps à autre quelques obus sur la ville. Le général Schildner-Schuldner, commandant de la 5« division d'infanterie russe, composée des brigades Knorring et Bogatsevitch et de la brigade d'artillerie montée Pokhitonoa, avait également sous ses ordres le 9* régiment de Cosaques du Don, appartenant à la 9* division de cavalerie, une batterie de renfort, la 31*, et la brigade de Cosaques du Caucase, général Toutolmine, que nous avons vue attaquée par les Turcs en retraite le soir du combat de Nicopoli. Une partie des régiments, notamment ceux
de Vologda et de Galitz, avaient beaucoup souffert dans les combats livrés autour de la forteresse. L'effectif se trouvait considérablement diminué. C'est à son campement de Gradesti, situé à une douzaine de kilomètres au sud de Nicopoli, que le général Schildner- Schuldner reçut,Je 18, du général en chef deKrudener Tordre de se porter, par la vallée du Vid et le ravin de Bryslan, sur le village de ce nom. On lui prescrivait ainsi une marche d'une vingtaine de kilomètres par des chemins très mauvais que les pluies récentes avaient encore rendus plus difficiles. De Bryslan, le coips expéditionnaire se porterait le lendemain sur la ville de Plevna, à dix-huit kilomètres plus au sud, et l'enlèverait. Le général Schildner n'arriva devant cette position que trente-six heures plus tard. Il avait sous ses oi'dres directs une brigade, quatre batteries et un régiment de cavalerie ; mais il ordonna à un détachement de sa division, posté jusque-là à Poradim, à l'est de Plevna, sur la route de Routschouk, et composé du régiment de Kostrona, d'une batterie et de deux escadrons, de se porter sur la ville turque. Une troisième attaque devait être opérée par la Tuchenitza et Radisovo, au sud. La brigade de Cosaques avec une batterie s'en était chargée. Cette opération enveloppante, à l'aide de faibles détachements, sans communications directes entre eux, n'avait même pas été préparée par de fortes reconnaissances offensives. Elle était, en tout pas, singulièrement conçue.