CHAPITRE XI
Le 20 juillet, le général Schildner, qui dirigeait Tattaque principale par le nord, c'est-à-dire depuis Opanetz jusqu'au ravin de Bukova, plaça la cavalerie à droite, les régiments de Vologda et d'Arkhangel en colonnes de compagnie au centre et l'artillerie à gauche. Deux bataillons restaient en réseiTe, dont un à la garde de l'artillerie. Le caractère du premier combat de Plevna est tout entier dans ces lignes du rapport officiel : <( Sans perdre de temps à une canonnade où notre artillerie avait a lutter contre des pièces Krupp de plus fort calibre, je donnai à l'aile droite, à cinq heures et demie, l'ordre de commencer l'attaque. »> Ainsi les généraux russes avouent eux-mêmes leur mépris pour la préparation d'artillerie et la hâte avec laquelle ils lancent des colonnes d'infanterie contre un ennemi encore en possession de tous ses avantages.
Les soldats des régiments de Vologda et d'Arkhangel firent les prodiges de valeur qu'on attendait d'eux, chargèrent à la baïonnette, enlevèrent quelques retranchements, gagnèrent beaucoup de terrain, mais finalement furent contraints de battre en retraite, reconduits par les Turcs, avant sept heures du matin. Ils essayaient de se maintenir sur leurs positions, quand le général Schildner, qui s'était spécialement occupé jusque-là du combat de sa brigade, reçut une fâcheuse nouvelle. Le régiment de Kostroma venait aussi d'échouer dans son attaque de l'est. Cette colonne s'était déjà trouvée la veille engagée contre des forces
irrégulières turques entre Zgalince et Grivitza. Elle se porta contre ce dernier village dès cinq heures du matin. Le colonel de Kleinhaus ne sut pas plus que son chef résister au désir d'enlever à la baïonnette les positions situées au nord de Grivitza, il délogea Tennemi de plusieurs lignes de retranchements, s'empara d'un ouvrage et voulut poursuivre sa marche, mais il se vit alors pris en flanc par les batteries turques installées sur les hauteurs, pendant qu'il subissait de face le feu de mousqueterie d'une forte réseiT€ turque, soigneusement couverte. Le colonel, presque tous les officiers supérieurs, un très grand nombre d' officier subalternes étaient blessés. 11 ne restait plus ni cartouches ni projectiles d'artillerie. On se retira suivi par l'ennemi qui, réoccupant ses premiers retranchements, couvrit de mitraille et de plomb le malheureux détachement.
Le général Schildner ordonna à cette colonne de se mettre en retraite sur Bulgareni, et recula luimême jusqu'à Bryslan. La brigade de Cosaques du colonel Tutolmin, chargée d'attaquer isolément au sud, n'avait pas non plus réussi dans son entreprise. Elle n'était pas en mesure de la pousser à fond, et ne put qu'assez tard se présenter sur le flanc droit du détachement Kostroma, pour l'aider à se reployer. Le régiment de Galitz arriva, de son côté, assez à temps
de NicopoU pour soutenir le mouvement de recul de la brigade directement commandée par le général