CHAPITRE XI
Schiidner. On peut dire toutefois que c'est à l'artillerie, si négligée le matin, que les débris de la petite armée durent leur salut. Elle arrêta la poursuite de la cavalerie turque, « C'est une obligation des plus sacrées pour moi de déclarer ici, écrivait plus tard dans son rapport le général Schiidner, qu'il ne faut pas faire retomber la responsabilité de cet insuccès sur les troupes de mon détachement. )> Hélas ! non, la malheureuse armée s'était bien battue, si bien qu'elle avait perdu 76 officiers et 2,800 soldats sur un effectif d'environ 6,000 hommes, proportion lamentable et qu'un bon général maître de seS mouvements ne se croit pas autorisé à atteindre. En procédant régulièrement, suivant les vrais principes militaires, le général Schiidner n'aurait pas enlevé la position, mais il aurait perdu moins de monde. Peut-être même qu'éclairé par l'aspect du combat, après la période de préparation, il n'aurait pas pris sur lui d'attaquer, avec trois régiments d'infanterie, 20,000 Turcs retranchés. Les colonels des régiments d'Arkhangel et de Kostroma étaient tués, le général de brigade Knorring blessé.
Les Turcs s'étaient emparés de deux canons, de dix-sept caissons, de dix mille sacs et d'un grand nombre de fusils. Osman pacha venait de révéler sa présence et de porter un coup droit dans le flanc de l'ennemi.
Le IX* corps russe était en partie désorganisé à la suite de cette sanglante affaire, et l'état-major
i>18 LA GUERRE SUR LE DANUBE.
n'était pas en mesure de reprendre immédiatement la lutte. Cette circonstance allait laisser au général turc le temps d'organiser, jusqu'au bout, son merveilleux système de défense.