COMBATS AU DELA DBS BALKANS ET RETRAITE DE OOURKO
Nous avons laissé le général Gourko maître de la passe de Schipka et occupant fa ville de Kasanlik et la vallée de la Tundja. La l"** brigade de la 9* division avait franchi à son tour la passe d'Haïnkieui et se trouvait campée au sud des Balkans.
Le commandant en chef ne pouvait songer à reprendre l'offensive avant d'avoir laisse reposer ses détachements et reçu les moyens de transport dont il manquait absolument. Il consacra trois jours à cette réorganisation, pendant lesquels quelques détachements de cavalerie poussèrent des reconnaissances sur Eski-Zagra et Kalofer. La première de ces villes est située à 32 kilomètres au sud-est de Kasanlik, de Tauti'e côté de la chaîne de l'arrière-Balkan, dans une contrée réputée comme Tune des plus fertiles de la Turquie. La population, qui s'élève à 20,000 habitants, est moitié bulgare, moitié mahométane. Kalofer, beaucoup moins importante, est bâtie à 35 kilomètres à l'ouest de Kasanlik, au débouché de la passe de Rosa- Kta et sur la grande route de Philippopoli.
Dès le 22 juillet, le régiment des dragons deKazan, avec trois pièces de montagne, se porta sur Eski- Zagra, où il fut accueilli avec enthousiasme par la population bulgare, s'empara du télégraphe et désarma les musulmans. Ce ne devait être qu'une avant-garde. En effet, dès le lendemain, le général Gourko prescrivait à de nouveaux détachements de cavalerie de se lancer d'Eski-Zagra vers les chemins de fer d'Hermanli à Yeni-Zagra à l'est, et de Philippopoli à Andrinople au sud. Le premier de ces détachements, sous les ordres du colonel Matsioulevitch, fort de six escadrons et de quelques pièces de montagne, partit le 2â d'Arabadjikieui, à 12 kilomètres au sud-ouest d'Eski- Zagra, et se porta en trois fractions vers les villages de Kasarli, de BeUbreg et de Karabunar, sur la ligne d'Hermanli à Yeni-Zagra. Ces partis de cavalerie, munis de dynamite, avaient mission de détruire la voie du chemin de fer en plusieurs endroits et de s'emparer de la station de Karabunar. On avait même ordonné à la droite de courir plus au sud jusqu'à TirnovaS à la jonction des deux Hgnes ferrées, et de détruire le pont de la Maritza. Ce dernier point ne fut pas atteint, et. le détachement dut renoncer à s'emparer de la station de Karabunar, où des forces turques étaient concentrées ; mais il détruisit quelques ouvrages d'art !§ur la voie ferrée, le télégraphe et une petite station.
1. II y a deux Tirnova en Bulgarie Tune au Nord, l'autre au Sud des Balkans.