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CHAPITRE XII

Il retourna ensuite à Eski-Zagra. Quant au second détachement, dont l'objectif était la destruction de la station de Kajadjik, sur la ligne de Philippopoli, il était fort de cinq escadrons et d'une batterie à cheval, sous les ordres du colonel Korevo. Le but fixé fut rempli, la Maritza traversée et la station brûlée. Cet exploit avait lieu à &ô kilomètres au sud d'Eski-Zagra. Une reconnaissance de dragons, envoyée le même jour de cette dernière ville sur Yeni-Zagra, rencontra l'ennemi en forces.

Ces opérations à grande distance s'accomplissaient sous la direction du grand-duc de Leuchtenberg. Il avait à sa disposition, dès le 25 juillet, à Eski-Zagra, 6 bataillons, 15 escadrons et 12 canons. Ces actions de guerre se poursuivirent, les jours suivants, par une série de reconnaissances poussées vers la Maritza, le long de la ligne Hermanli, Yeni-Zagra, et jusqu'aux abords de cette dernière ville. L'une d'elles constatait la présence, sur ce dernier point, de sept ou huit bataillons turcs. Un mouvement très actif, qui n'avait pas échappé au grand-duc, s'opérait dans la zone Kayad-

jik-Timova et Tirnova-Karabunar. Nous savons que les 49 bataillons ramenés du Monténégro par Su-

Heiman, avec une rapidité extraordinaire, s'installaient

^précisément le 26 sur la ligne Tirnova-Karabunar. Le général Gourko, renseigné sur la présence de

Suleîman pacha, mais trompé quant à l'objectif réel de général par la présence des quelques bataillons qu'on

signalait à Yeni-Zagra, résolut de surprendre les Turcs en pleine concentration, par l'attaque de cette ville. Yeni-Zagra est située sur le chemin de fer d'Hermanli à Yamboli, au sud de Tarrière-Balkan, à 34 kilomètres à Test d'Eski-Zagra et à 27 kilomètres au sud-est de la passe d'Haïnkieui franchie par les Russes. Une concentration des trois groupes russes principaux, ceux de Haïnkieui et de Kasanlik, venant de la vallée de la Tundja par les passes de Tarrière-Balkan, et celui d'Eski-Zagra, n'ayant à longer que le versant méridional de cette chaîne, était relativement facile, et c'est à cette idée que s'arrêta le général Gourko. Il était porté à croire que Suleiman, arrivé du Monténégro en si grande hâte, marchait vers la vallée de la Tundja et le Balkan par la route la plus courte, en profitant jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à Yeni- Zagra, du chemin de fer qui venait d'amener ses troupes en quelques jours de la baie de Dedeagatch, où elles avaient débarqué, dans la vallée de la Maritza supérieure. En se jetant brusquement sur Yeni-Zagra, il espérait devancer Suleiman, bousculer un de ses premiers détachements et recevoir son attaque générale, adossé à la chaîne de l'arrière-Balkan, d'Eski- Zagra à Yeni-Zagra, en gardant pour ligne de retraite les défilés de ces montagnes.

Le général Gourko prescrivit donc à ses ti'ois colonnes de se mettre en route, le 29 juillet, sur Yeni-Zagra. La première, venant d'Haïnkieui et for-

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