‹ La guerre sur le DanubeChapitre 119 sur 232 · CHAPITRE XII. 22J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. 22J

mant la gauche (brigade du viir coi-ps), et la seconde, venant de Kasanlik et foimant le centre (4* brigade de chasseurs, 2 escadrons et 16 canons), avaient ordre de traverser Tarrière-Balkan par deux passes parallèles qui leur permettraient de déboucher au nord d*Yeni- Zagra dans la journée du 30, pendant que la troisième, venant d'Eski-Zagra (détachement Leuchtenberg ) , marcherait vei's le même but par la route au sud des montagnes. Après une marche forcée, les deux colonnes de la vallée de la Tundja opérèrent leur jonction, et, sans attendre la coopération de celle venant d'Eski-Zagra, attaquèrent Yeni-Zagra, que le général Gourko ne trouva pas défendue par les forces qu'on lui avait précédemment signalées. Il eut affaire à un corps incapable de tenir longtemps, qui se défendit avec vigueur, mais dut bientôt abandonner la ville, bombardée par l'artillerie russe, et se mettre en retraite. Les troupes du général Gourko incendièrent la gare et* son matériel, détruisirent la voie et firent sauter le pont sur le Dolar-Déré.

La colonne de droite (Leuchtenberg) n'avait pas. paru. Le commandant en chef apprit pendant l'action, par des habitants du pays, qu'ayant été engagée depuis la veille elle s'était vue contrainte d'arrêter son mouvement. Laissant la brigade de chasseurs à Yeni-Zagra, il se mit aussitôt en route, vers trois heures et demie, jour se porter au secours de son lieutenant, dans la direction d'Eski-Zagra. Malgré son succès du matin,

succès dont la facilité même lui avait clairement fait comprendre le mal fondé de ses prévisions premières, le général Gourko venait de deviner, au moins en partie, les véritables desseins de Suleiman pacha. La position de ses trois colonnes lui apparaissait tout à coup sous un jour très critique. En effet, il était séparé de son lieutenant par des forces dont il ne connaissait pas l'importance et se voyait contraint, pour rétablir le contact entre les deux moitiés de son armée, de se lancer dans l'inconnu en laissant à Yeni-Zagra une brigade qui pouvait elle-même être promptement coupée par des forces venant d'Hermanli ou de Yamboli. Les Bulgares interrogés s'étaient empressés de révéler qu'une forte colonne turque, avec de l'artillerie/ avait quitté, le 29, Yeni-Zagra, en marche vers Eski-Zagra. C'était, en effet, l'extrême droite de l'armée de Suleiman pacha. De tous les points de la ligne ferrée d'Hermanli à Yeni-Zagra, le général turc venait de mettre ses brigades en mouvement vers Eski-Zagra, concentration inverse de celle qu'avait attendue et tenté d'empêcher le général Gourko.

La colonne- du duc de Leuchtenberg s'était portée en avant le 29, suivant les ordres indiqués. Deux fortes reconnaissances avaient été envoyées : l'une, en tête du détachement, sur la route d' Yeni-Zagra ; l'autre, sur la droite, dans la • direction d'Arabadji, avec mission d'atteindre la voie ferrée au sud d' Yeni- Zagra. Le colonel Bielogroudow, qui commandait la

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