‹ La guerre sur le DanubeChapitre 12 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

assemblées politiques? L'âme slave apparaîtrait aloi's dans toute sa vérité, et l'Europe connaîtrait la Russie. Le czar dispose d'une force effective moins grande que n'importe quel souverain constitutionnel. Il n'a pas voulu la guerre, il l'a subie. Assuré de l'alliance de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongi'ie, il avait longtemps espéré obtenir, pour la Serbie, le statu quo ante bellum, après l'avoir lancée dans l'aventure de 1876; pour le Monténégro, un agrandissement territorial et un port ; pour la Bosnie, l'Herzégovine et la grande Bulgarie des deux versants des Balkans, des institutions autonomes ; et cela, sans tirer l'épée. Toutes ces unités slaves, préparées pour de nouvelles intrigues, opposées les unes aux autres, tour à tour directement protégées ou abandonnées à leur propre fortune, seraient devenues par la force des choses, dans un avenir plus ou moins rapproché, autant d'annexés russes. La guerre même heureuse n'offrait pas les mêmes avantages. On risquait de lasser le bon vouloir de l'Autriche-Hongrie, d'exciter les susceptibilités de l'Angleterre et de réveiller la barbarie dans des contrées où la Porte n'avait jamais complètement régné, même sur les musulmans, anciens propriétaires du sol convertis, frères de race et de langue des chrétiens orthodoxes ou latins. Mais sur la pente où l'avait entraînée le désir d'humilier la Porte, de profiter des événements que l'intrigue avait provoqués et d'effacer les derniers vestiges de ses défaites de Grimée, il avait été impossible à la Russie de s'arrêter

court. La nation surchauffée avait considéré comme une suprême injure la réponse pleine de fermeté du gouvernement ottoman. Il ne restait plus qu'à combattre.

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