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Sur la voie ferrée d'Yeni-Zagra à Hermanli

■ CHAPITRE XII. i27

La certitude qu'un mouvement offensif générAl s'opérait contre Eski-Zagra pendant que les colonnes de Gourko allaient déboucher le lendemain matin contre Yeni-Zagra, croyant porter à l'ennemi un coup décisif, créait une situation singulière et des plus difficiles au grand-duc de Leuchtenberg. Lié par des ordres impératifs, il lui fallait faire concorder son mouvement avec ceux des colonnes de Gourko qui, privées du concours du détachement d'Eski-Zagra, manqueraient de cavalerie pour poursuivre leurs avantages- D'un autre côté, la position d'Eski-Zagra allait incontestablement tomber aux mains de Suleiman. Ce général pourrait ensuite pénétrer dans la vallée de la Tundja, où il ne rencontrerait aucun détachement capable de lui tenir tête, -s'emparer de Kasanlik et peut-être reprendre la passe de Schipka.

Le grand-duc, coupé de ses communications avec les colonnes qui allaient le lendemain matin déboucher de l'arrière-Balkan, acculé à des montagnes qui ne lui offraient pas une ligne de retraite suffisante, résolut de se porter avec une importante portion de son corps : l'infanterie, l'artillerie de montagne et un escadron de hussards, au secours du faible détachement resté à Eski-Zagra. H confia en même temps le soin au prince Eugène d'appuyer le mouvement des colonnes de Gourko dans la journée du 30, à la tête de toute la cavalerie, formant un total de 16 escadrons avec 16 pièces. Ce corps volant devait à tout

prix se relier au général Gourko. Au premier abord, il semblerait que cette mission ait eu peu de raisons d'être, étant donné l'échec essuyé la veille par le corps tout entier, dans sa tentative de forcer le passage vers Yeni-Zagra; mais on pouvait supposer que l'attaque de cette ville par les détachements de Gourko forcerait les troupes turques rencontrées la veille à se porter au secours des défenseurs de ce point de concentration.

Quoi qu'il en soit, le prince Eugène reprit, dès six heures du matin, les positions occupées la veille par le grand-duc sur les flancs de la route Eski-Zagra- Yeni- Zagra. Accueilli, à quatre kilomètres de Dalboka, par le feu de l'artillerie turque restée en position, que des masses d'infanterie venant de Karabunar s'apprêtaient à soutenir, il tenta, sur la gauche de l'ennemi, le mouvement tournant de cavalerie essayé la veille avec un commencement de succès. Les Turcs tinrent solidement contre les attaques des Russes. La cavalerie, chargée du mouvement tournant, ayant échoué dans son entreprise, fut renforcée et reçut l'ordre de franchir la ligne coûte que coûte pour établir au moins une communication imparfaite avec Gourko, dont on venait d'entendre le canon ; mais elle ne réussit pas davantage dans cette entreprise. L'artillerie turque, pointée avec une grande précision, faisait en même temps subir des pertes considérables à la colonne. L'infanterie se porta en ligne, et, par un mouvement

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