‹ La guerre sur le DanubeChapitre 133 sur 232 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

7,167 hommes. Les Turcs avaient perdu fort peu de monde. Osman pacha accuse un total de iOO morts et blessés.

L'armée d'investissement de Plevna était désorganisée, démoralisée, presque anéantie. On la reportait en arrière pour la reconstituer. Les Turcs n'entre-' prkentpas depoursuivre les Russes en retraite. Osman padia, on peut s'en convaincre dans le rapport laconique transmis par lui au sultan le 31 juillet, croyait que la totalité des rv*, ix* et xi* coips, soit six divisions, entourait Plevna, et, qu'après la défaite des troupes engagées, 20,000 hommes restaient encore en réserve. Or, quoi qu'en aient dit, dans leurs rapports, les généiTinx Tusses, le commandant en chef de l'armée de Bulgarie occidentale n'avait pas sous ses ordres immédiats, à Plevna, le 30 juillet, plus de 30,000 hommes. On se souvient aussi qu'il attendait à cette date des nouvelles de l'entrée en scène de Suleiman pacha, dont l'armée livrait le même jour la bataille victorieuse d*Eski-Zagra.

On doit supposer que, si le commandant en chef ottefman avait connu le véritable effectif d'un ennemi qui battait en retraite après avoir épuisé toutes ses réserves, il n'aurait pas hésité à prendre l'offensive le 81 juillet an matin. Vingt-cinq mille hommes de bonnes troupes, sûres d'être renforcées à bref délai, car l'armée d'Osman pacha était en pleine concentration, pouavient le 31 juillet, à l'heure où la défaite de Gourko

venait d'être connue, aidés du côté des Balkans par le détachement de Lovca, porter un coup décisif sur les communications des Russes, en poussant vers Sistova les coi'ps désorganisés de Kinidener. Il est facile de se rendre compte de l'effet qu'aurait produit une offensive vigoureuse par la panique de Sistova. Le lendemain de la bataille du 30, à l'arrivée des premiers convois de blessés dans cette ville, des cosaques avinés semèrent l'alarme. Le cri de « sauve qui peut ! » retentit de divers côtés, La foule des habitants bulgares, des cantiniers d'armée, des soldats isolés se précipita vers le Danube, en criant : « Voici les Turcs ! » On força la garde bien que celle-ci eût croisé la baïonnette. La meute des fuyards, affolée, hurlante, envahit le pont, contraignant les convois à reculer. Douze personnes tombèrent à l'eau et se noyèrent. Ce n'est qu'à force d'énergie que le général du génie de Richter put arrêter cette débandade, pendant que le commandant de Sistova, colonel de Podgourski, essayait, de son côté, de rétablir l'ordre dans la ville, en faisant quelques exemples.

Ce qui n'était qu'une panique assez explicable à Sistova devint un désastre à Zimnitza, de l'autre côté du Danube. Ce fut une déroute générale. Chacun se hâta de fuir par la route d'Alexandria, emportant ce qu'il avait de plus précieux. Plus de 3,000 blessés étaient en traitement dans les ambulances de la ville roumaine. Les infirmiers, les ambulanciers abandonnèrent leurs malades. On vit plus de deux cents

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