‹ La guerre sur le DanubeChapitre 140 sur 232 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Djouma, mais encore les forces qui tenaient tête au général Zimmermann dans laDobroutcha, celles qui de Varna venaient d'être dirigées vers Schoumla, et les troupes iiTéguIières non embrigadées, environ cent soixante-quinze mille hommes. Les deux commandants des armées faisant face aux Russes à l'ouest du quadrilatère, Achmed-Eyoub pacha et le prince Hassan avaient chacun sous leurs ordres tix)is divisions de troupes régulières, commandées par des généraux au nombre desquels on remarquait Nedjib pacha, considéré dans l'armée turque comme un militaire d'avenir et qui montra sur le champ de bataille de grandes qualités.

Les divisions de l'armée ottomane sont organisées comme celles de la plupart des États européens. Elles comptent généralement deux brigades à huit iotaillons, un régiment de cavalerie à six escadrons et quatre batteries d'artillerie à six pièces. Il y a, en outre, avec chaque corps d'armée, une batterie de montagne et une de mitrailleuses. Cet ensemble de Batteries donne, pour un corps à trois divisions, l'état normal d'un régiment d'artillerie à quatorze batteries avec quatre-vingt-quatre pièces. La batterie de montagne est fractionnée par sections de deux pièces détachées auprès des bataillons de chasseurs organisés à huit compagnies. L'artillerie de campagne, en acier fondu, à chargement par la culasse, se divise en pièces de trois, de quatre et de six livres. Elle est de beau-

coup supérieure à rartillerie russe et mieux tenue. Les mitrailleuses appartiennent au système Gattling, à dix canons. En déduisant les brigades que Méhémet- Ali devait forcément laisser en face du général Zimmermann, les garnisons des quatre gi^andes places du quadrilatère, le cordon de surveillance du moyen Danube et les détachements préposés à des missions spéciales, le général en chef pouvait disposer, à un moment donné, pour une opération active et concentrer sur un pomt quelconque de la ligne menacée pai' les Russes, un total de 140 bataillons, 60 escadrons et 180 pièces de campagne, avec de nombreux corps iiTéguliers. Cet effectif d'environ 110,000 hommes était loin de présenter un tout homogène. Il y avait des troupes excellentes, d'autres médiocres, quelques-unes mauvaises ^

Méhémet-Ali, dès qu'il eut réorganisé ses divi-

1. Le système militaire ottoman, créé par la loi du 22 juin 1869. est assez semblable au système actuel français, mais il ne s'applique qu'aux musulmans. Le service obligatoire porte sur tous les musulmans valides, de 20 à 40 ans. Le nizam, ou armée active, comprend, en temps de paix, les hommes de 20 à 26 ans (portion sous les armes, et ichtyat ou première réserve de l'armée active). On sert d'ordinaire quatre ans dans la portion sous les armes et deux ans dans Vichtyat. En temps de guerre, Vichtyat est versé dans les bataillons actifs. Viennent ensuite le premier ban des rédifs, où l'on sart trois ans, le deuxième ban des rédifs, même durée de service, et les mustahfîz. Cette dernière catégorie comprend les hommes de 32 à 40 ans. Pendant la guerre russo-turque, comme la loi du 22 juin 1869 n'avait pas reçu son entière application, des hommes appartenant, par leur âge, aux classes de rédifs, n'avaient jamais été exercés,* on

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