CHAPITRE XIV
sions, s'occupa d'aguerrir les troupes par une série d'escarmouches sur le front des Russes, paralysés par les campagnes du centre et de l'aile droite de l'armée d'invasion. On se canonnait tous les jours, tantôt aux environs de Routschouk, tantôt sur Isr route d'Osman- Bazar. L'état-major du prince héritier, très irrésolu, ne disposant que d'un effectif insuffisant pour tenter une attaque générale, se voyait menacé par des pointes audacieuses sur une ligne d'une étendue considérable et se heurtait à des forces supérieures quand il essayait d'enfoncer un coin dans la région occupée par les Turcs. Plusieurs affaires tournèrent à son désavantage, sans que le général turc en pût tirer de grands résultats tactiques, mais elles augmentèrent les hésitations du commandant russe et rendirent confiance aux divisionnaires ottomans.
Au milieu d'août, les opérations prirent une tournure plus sérieuse. Nous voyons, en effet, une brigade
les versa dans des bataillons spéciaux, qui constituèrent les rédifs . du troisième ban. Des renseignements puisés aux meilleures sources nous permettent de donner, comme effectif du nizam, pendant la dernière guerre, 250,000 hommes. Les trois classes de rédifs ont donné 300,000 hommes, et les mustahfiz, 260,000 hommes. Nous arriverions ainsi, pour le total général des forces équipées par la Turquie, au chiflfre de 810,000 hommes, que des contingents irréguliers et les troupes égyptiennes ont porté un instant à 860,000 hommes. Il convient toutefois de remarquer que la deuxième portion des mustahfiz n*a été levée qu'au milieu de la guerre, et qu'elle a manqué de cadres et d'organisation. L'effectif des armées agissantes -en Europe, déduction faite des garnisons de première ligne ou de rintérieur, n'a jamais été supérieur à 300,000 hommes.
turque livrer bataille, vers Bassarbova et Ki'asna, sur le bas Lom, à dix kilomètres de Routschouk, aux avant-postes russes, qui, peu à peu renforcés, tinrent tête à l'attaque et envoyèrent derrière les Turcs en retraite des détachements de Cosaques. Ceux-ci coururent jusqu'au chemin de fer de Rasgi'ad. Quelques jours plus tard devaient s'engager de véritables batailles entre la première division du xin« corps, commandée par le général Prokoroff formant Taile droite de Tarmée du czarewitch et la division turque Salih pacha, qui, de ses positions du Kara-Lom, situées à moins de soixante kilomètres de Tirnova, menaçait le centre russe. Ces positions, assez solides, s'étendaient sur les hauteurs de la rive gauche du Lom, à une journée de marche à Touest d'Eski-Djuma. Elles étaient reliées par Arablar à celles qu'occupait la gauche de Méhémet-Ali, sur la route d'Osman-Bazar à Tirnova. Dès cette époque, l'ai'mée du serdar ekrem communiquait, par le col de Kazan, avec le corps de Suleiman pacha, immobilisé au sud des Balkans.
Après trois jours d'une lutte acharnée, les 21, 22 et 23 août, les Russes, qui avaient pris pied sur la rive droite du Kara-Lom et conquis une partie des hauteurs, durent battre en retraite, repasser la rivière et abandonner lazlar. Cette petite ville donna son nom à la bataille, si importante par ses résultats stratégiques, que Méhémet-Ali venait de gagner. Les régiments russes Neva, Sophia, Narva et Kopor (n*^^ 1, 2, 3 et 4),