‹ La guerre sur le DanubeChapitre 151 sur 232 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

commis Terreur tactique qui lui a fait perdi'e la journée du 21 dans un stérile combat de front, et de ne s'être pas rendu compte, dès le 24, de la nécessité d'abandonner aux Russes la possession de la passe de Schipka, de reformer son armée dans la vallée de la Tundja, et de se joindre ensuite, par les passes libres, soit à Méhémet-Ali, soit à Osman pacha.

La bataille recommença le 24 août, au lever du jour. Radetzki disposait maintenant de plus de 14,000 hommes. Son objectif était de dégager le flanc droit de la position tournée la veille par Suleiman et de reconquérir tes hauteurs conquises par lui en arrière de la passe, notamment la colline d'Alikri- Djebel. Le général ottoman, de son côté, allait tenter de déborder par leur droite les renforts russes installés près de la chaussée, et de couper ainsi la ligne de retraite de l'ennemi. Les deux armées se rencontrèrent dans des vallons fortement encaissés, en arrière des positions. Après une série d'actions indécises, pendant l'une desquelles le général Dragomiroff, commandant de la 14^ division, fut blessé au genou, les Russes réussirent à maintenir leur ligne de bataille, à dégager leur arrière-flanc droit et à enlever sur leur front un des sommets occupés le 21 par Suleiman.

Cette lutte acharnée continua sans inteiTuption le 25; mais le général Radetzki moins heureux renonça, après une série d'assauts infructueux, à s'emparer de la hauteur d'Alikri-Djebel. Une nouvelle tentative le 26

n'eut pas plus de succès. Les Russes et les Turcs restaient ainsi, côte à côte, sur le sommet des Balkans, fortifiant leurs positions respectives et incapables de se porter des coups décisifs. C'était une défaite presque irrémédiable pour Suleiman. Le seul avantage qu'il pût revendiquer était l'immobilisation d'une douzaine de mille hommes dans les Balkans. Triste résultat de tant d'efforts énergiques, de tant de sang répandu, de tant de courage déployé par l'année ottomane ! Les pertes des Russes et des Turcs dans la période écoulée entre le 19 août et les premiers jours de septembre s'élevaient, pour les premiers, à 2,700 hommes, dont 97 ofBciere, et pour les seconds, à plus de 5,000 hommes. Le général Derojinski avait été tué dans le combat du 25.

Dans la première moitié de septembre, les deux armées s'occupèrent de remuer le plus de terre possible, afin de se mettre à l'abri de retours offensifs. Suleiman n'avait pas cependant renoncé à s'emparer des positions moscovites. Les forces turques, massées en silence dans la nuit du 16 au 17, se mirent en marche en trois colonnes à une heur« et demie du matin, et se jetèrent, sans tirer un coup de fusil, sur les redoutes russes. A six heures, la position principale, connue sous le nom de fort Saint-Nicolas, tombait entre les mains de la 1^« brigade ottomane, pendant que les deux colonnes auxiliaires essayaient de s'emparer des autres ouvrages. S'étant maintenus courageusement sur leurs flancs et derrière le fort conquis par Sulei-

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