‹ La guerre sur le DanubeChapitre 152 sur 232 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

man, les Russes réussirent, après une série d'attaques sanglantes, à reprendre le fort Saint-Nicolas, que le général turc renonçait d'ailleurs à garder, en présence de Téchec subi par deux de ses colonnes. Les Turcs peidirent, le 17 septembre, environ 500 hommes; les Russes 1,050, dont 31 officiers. C'était encore une bataille livrée en pure perte. On ne peut cependant s'empêcher de remarquer que l'attaque de 'nuit a été bien conduite et pouvait avoir de sérieux résultats. Cette surprise marque la fin des opérations actives de Suleiman pacha dans les Balkans. A la fin de septembre, le séraskiérat, fatigué d'avoir sur le Lom, à la tête des armées turques, un général inactif, hésitant, dont l'autorité était en partie méconnue, tandis que le plus audacieux de ses commandants d'armée s'usait dans une guerre de montagne sans fin, remplaça Méhémet-Ali par Suleiman pacha.

Le commandant en chef de l'armée du quadrilatère n'avait pas su poursuivre son heureuse campagne. La défaite infligée, le lu septembre, par Assaf pacha aux Russes, qui étaient venus l'attaquer dans ses positions de Sinankieui, n'ouvrit pas les yeux de Méhémet-Ali. De Sinankieui, ses avant-postes s'étaient portés jusqu'au delà du Banicka-Lom, à trois heures de marche de Biela. La grande bataille de Plevna venait d'être perdue par les Russes, dans les rangs desquels la démoralisation se glissait. N'était-ce pas plus que jamais le moment de frapper un coup décisif?

Méhémet-Ali, n'ayant pas conscience de la gi*an- (leur de son rôle, considérait alors le but de sa campagne comme atteint. 11 tâtait de nouveau Tennemi par des sorties fréquentes de la garnison de Routschouk pour le maintenir en haleine, et, renonçant à poursuivre son offensive, laissait le temps à l'aile droite (lu czarewitch de reprendre l'offensive sur son flanc gauche. Le 20, il la rencontra près de Cerkovna, à dixhuit kilomètres au sud de Sinankieui, sur le chemin de traverse de Routschouk à Tirnova. Le général Tatisichef, du XI* coips, avait sous ses ordres, soit en première ligne, soit en résonne, 16 bataillons d'in'anterie, 6 escadrons et 46 pièces. Méhémet-Ali disposait de forces bien supérieures, mais il ne semble pas avoir pris les dispositions de combat dont nous l'avons vu jusqu'ici se senir. Le combat qui s'engage sur la ligne Cerkovna-Caïrkieui est décousu, sans but appréciable, mal conduit. 11 est difficile d'en suivre les péripéties, même à l'aide des rapports turc et russe. L'engagement ne prit fin qu'à la nuit et se termina par le succès des Russes. Ils réussirent à garder leure positions, mais n'osèrent pas poursuivre les Turcs.

Pourquoi Méhémet-Ali, dont les corps avaient été à peine entamés (les pertes des Turcs s'élevaient à 500 hommes et celles des Russes à 400), se mit-il en retraite vers le Kara-Lom, abandonnant ainsi le terrain conquis à la suite des batailles d'Iaslar, de Karahasan-Kieiii, de Kaceljevo et de Sinankieui? Ce mouve-

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