‹ La guerre sur le DanubeChapitre 153 sur 232 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ment n'est visiblement pas expliqué par T échec de Cerkovna. Il faut accueillir, quoique avec une certaine réserve, pour le justifier, le fait souvent cité de la désobéissance aux ordres de Méhémet-Ali, sur le champ de bataille, d'un de ses commandants de corps. C'est à la suite de cette fatale retraite que Suleiman pacha fut appelé par le séraskiéràt à remplacer le serdar eckrem. Ce nouveau changement ne devait pas être profitable à la Turquie.

L'étude des campagnes de Méhémet-Ali et de Suleiman nous a montré qu'à la fin de septembre, les armées du quadrilatère et des Balkans n'avaient pas réussi à entamer sérieusement le flanc gauche et le centre russes. Les généraux moscovites gardaient les positions dont les commandants turcs n'avaient pas su s'emparer au lendemain du second désastre de Plevna et de la défaite subie au sud des Balkans par le général Gourko. L'inertie de l'ennemi, ses divisions, l'arrivée de nouveaux renforts, avaient rendu à l'état-major russe, vers le 10 septembre, une partie des avantages un instant compromis. Il s'en fallait cependant que la période critique fût absolument traversée. Plevna se dressait encore sur le flanc droit de Tarmée comme le plus redoutable des points d'interrogation. Tant que cette place improvisée ne sera pas tombée aux mains des Russes, la conquête restera menacée. Depuis la deuxième bataille de Plevna jusqu'en septembre, l'étatmajor russe prépara son attaque et Osman pacha sa

défense. Aussitôt après sa victoire, le général turc poussa ses travaux de fortiûcation avec la plus louable activité. Il reçut des renforts et quelques pièces de grosse artillerie. En même temps, ses lieutenants élevaient des redoutes sur sa ligne de retraite, dans la direction de Sophia,àGomi-Dubnik,àTeliche, et, sur son flanc droit, en marchant vers le Balkan, à Lovca. Cette ville située à trente-deux kilomètres de Plevna menaçait, par sa situation au débouché de la route de Tirnova par Selvi, le flanc droit de l'araiée commandée, au pied de montagnes, par le général Radetzki.

Dès le 6 août, le général Skobeleff" tenta, à la tête d'un petit corps d'armée, composé de 4,000 fantassins et de 1,500 cavaliers avec 16 pièces, d'enlever par surprise cette position de Lovca. Il attaqua par la route de Selvi, mais dut bientôt battre en retraite, non sans avoir subi de grandes pertes, après avoir acquis la certitude qu'un coup de main ne pouvait réussir. Les Russes essayèrent également, au milieu du mois d'août, de lancer de la cavalerie sur la ligne de retraite d'Osman. Après une série de reconnaissances infructueuses, ils renoncèrent à rien entreprendre de ce côté avant d'avoir entamé le flanc droit des Turcs par une campagne en règle contre Lovca.

Peu après, le 23 août, le prince Sviatopolsk- Mirski, commandant de la 9*^ di\ision (viii'' corps), aile droite de l'armée des Balkans, fut attaqué par des forces turques sorties de Lovca et marchant sur Selvi. L'instant

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