‹ La guerre sur le DanubeChapitre 154 sur 232 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

était critique. On se souvient qu'à cette date, M'éhémet- Ali gagnait la bataille d'Iaslar contre Tarmée du czarewitch, et que Suleiman pacha, engagé dans la passe de Schipka contre le détachement Stolietoff, tournait la position des Russes en conquérant la hauteur d'Alikri-Djebel. Les éclaireurs de Taile droite d'Osman pacha pénétrèrent, le 23 août, dans la vallée de la Vidima, au sud de Selvi. Ils n'étaient guère qu'à une forte journée de marche des troupes de Suleiman, qui croyaient avoir conquis leur débouché, à l'heure où les renforts envoyés à la hâte par le général Radetzki rétablirent les affaires des Russes.

La 9* division, affaiblie par l'envoi dans la passe de Schipka des régiments d'Orel et de Briansk, n'était pas en état de résister, vers Selvi, à une forte attaque venant de Lovca. Le général Sviatopolsk-Mirski n'avait plus, en effet, sous ses ordres que les régiments <i'Életz et de Sievsk (n""^ 33 et 34). Il demanda des renforts, et l'état-major russe fut contraint, pour le satisfaire, de détacher une brigade d'infanterie et une bri- .gade de cavalerie de l'armée de l'ouest ou armée de Plevna, sous le commandement du général Skobeleff. Le commandant de la 9* division résista avec ses propres ressources à l'attaque des Turcs, qui semble n'avoir été qu'une reconnaissance offensive. On doit remarquer, à ce propos, que le 23 août est une des dates culminantes de la guerre de Bulgarie. Maître de ses communications avec Lovca, ayant la possibilité

d'y masser une partie de ses forces sans laisser soupçonner ce mouvement à l'armée de l'ouest réunie devant Plevna, Osman pacha pouvait, à la tête de vingt mille hommes, culbuter, le 23, Sviatopolsk-Mirski, et se présenter devant Gabrova le 24. C'était la jonction avec l'armée de Suleiman et l'écrasement complet de l'armée russe du centre. Mais, de même que Méhémet poursuivait une campagne isolée, Osman pacha, confiant dans la solidité des positions de Plevna, songeait^ quoique avec plus de raison, à attirer sur lui tout l'effort de l'année misse et à la désorganiser par une série de journées décisives. Il ne demandait pas mieux que de se porter à la rencontre des autres armées, mais seulement après avoir contraint l'armée de l'ouest à la retraite.

C'est ainsi qu'il tenta, le 31 août, par une sortie générale contre les positions de l'ennemi, de prendre l'offensive à son tour.

L'état-major russe venait de traverser une période uniquement marquée par des insuccès ou des succès purement négatifs. L'mquiétude avait été grande au quartier général de l'empereur Alexandre. On ne s'était pas fait d'illusions sur les dangers immédiats que courait l'armée moscovite. C'est alors qu'après avoir méprisé pendant trois mois le généreux concours que les Roumains, confiants dans le gouvernement russe, avaient spontanément offert, on en arriva à solliciter le prince Charles de Roumanie de marcher au secours

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