CHAPITRE XV
contre les Roumains. Il donna Tordre à une partie des^ forces du w coips (aile droite russe) de se porter vers la chaussée de Grivitza, La 5" division à laquelle échut ce rôle, allait ainsi se placer sur le flanc gauche des Turcs. Elle pouvait en deux heures accomplir ce mouvement. La division roumaine se rapprocherait en iDême temps du champ de bataille en se massant à Calysovat, à trois heures de Zgalince. Le régiment de Vladimir, en route de Causmahala sur Raradac, à quinze kilomètres des positions, laisserait ses sacs et ses bagages, et se porterait le plus rapidement possible sur le lieu du combat, pendant que le général de Krudener (ix* corps) dirigerait de Trestenik sur le vallon du Poradim trois régiments empruntés à sa réserve.
Les forces ottomanes tentèrent, avec une énergie de plus en plus grande , trois attaques successives, ïiitie heure à quatre heures, contre les positions ennemies, après avoir préparé chacune d'elles par le îeu de 40 pièces de canon, et le débordement des tt\es de Tadversaire. Elles s'emparèrent un instant des retranchements de Tinfanterie russe, mais durait céder devant les renforts qui commençaient à wriver de tous côtés, et se mettre en retraite lentement vers Plevna. Les Russes essayant de les suivre, s'aperçurent que le général ottoman n'avait livré bataille qu'avec la moindre partie de ses corps organisés. En effet, des troupes fraîches entrèrent en action pour
soutenir la rentrée des forces engagées depuis le matin, et contraignirent une douzaine de bataillons moscovites sortis de leurs positions fortifiées à y rentrer. Les pertes étaient à peu près égales de part et d'autre. Les relevés officiels russes accusent 32 officiers et 950 hommes hors de combat. Les Turcs s'étaient emparés d'un canon, avaient mcendié Pelischat et détruit plusieurs des épaulements de l'ennemi.
Osman pacha, dans son rapport sur l'affaire du 31, s'exprime ainsi : « Aujourd'hui vendredi, je suis parti le matin du camp, avecd^* forces suffisantes ^mt effectuer un mouvement offensif en forme de reconnaissance, sur le village de Pelischat à l'est de Plevna, où les Russes s'étaient fortement retranchés. »
A la gueiTe, toute opération a une cause. Quand un général de valeur comme Osman pacha se décide à tenter une attaque qui lui coûtera un milUer d'hommes, il n'agit que poussé par les circonstances, et la forme même qu'il donne à son entreprise permet, en s'appuyant sur les faits concordants, d'expliquer, à défaut de témoignages, sa pensée et son but^. Osman pacha n'a fait donner le 31 août que 12,000 hommes d'infanterie régulière, la moitié de sa cavalerie, et les nombreux irréguliers dont il disposait. Le reste de son armée, massé dans les ravins concentriques des abords de Plevna et dont nous avons vu une partie arrêter les