CHAPITRE XV
mouvements olïensifs des Russes, avait ses bagages en ordre de départ sur les deux routes du sud. Si, comme Osman pacha était tenté de le croire, Tannée russe de Touest s'était en grande partie désagrégée pour faire face aux attaques de Suleiman pacha dans les Balkans, et de Méhémet-Ali contre l'armée du czarewitch, les forces envoyées contre les positions de Pelischat et de Zgalince seraient largement suffisantes pour s'en emparer. Elles reconnaîtraient par le dispositif général des troupes déployées pour les reprendre, si réellement l'armée d'investissement de la face orientale des défenses de Plevna s'était fondue au bénéfice des grandes unités voisines. Dans ce cas, l'armée haut le pied d'Osman pacha, que nous avons vue apparaître le soir sur le champ de bataille du 31 août et arrêter net l'effort des Russes, aurait eu ses coudées franches, son jeu assuré, son flanc gauche libre d'attaques ea masses, dans l'hypothèse d'une marche vers les Balkans, à la rencontre de Suleiman pacha. Elle au-rait magistralement pris la voie de Selvi-Gabrova, pendant que les troupes engagées dans la journée, seraient rentrées dans Plevna, qu'une quinzaine de nulle hommes aurait désormais suffi à garder. La résiatance rencontrée par Osman pacha lui indiqua clairement que Suleiman n'avait pas débouché des Balkans, q^e Méhémet n'avait pas franchi la Jantra et lui laissa supposer que sa présence à Plevna était plus que jamais ï^écessaire; mais il ne sut pas deviner, en voyant le
flanc gauche des Russes dégarni, qu'il avait à peine le temps de renforcer Lovca, s'il ne voulait pas voir cette place peu importante, mais absolument indispensable au maintien de ses communications vers le sud d'abord, et plus tard vers l'ouest, tomber aux mains des Russes.
La petite armée formée pour attaquer Lovca, et dont le général Imeretinsky venait de prendre le commandement, était, en effet, bien supérieure en nombre aux forces turques chargées de défendre Lovca. Cellesci avaient, il est vrai, l'avantage de la position, et s'appuyaient sur quelques ouvrages d'une notable importance, mais elles ne disposaient pas d'une artillerie suffisante. Il est à remarquer qu'Osman pacha, ce grand ingénieur, n'a jamais eu à sa disposition un nombre de canons suffisant pour tirer de ses ouvrages le parti qu'il était en droit d'en attendre. Il était forcé de se montrer avare de son artillerie. C'est à force d'art qu'il masquait cette insuffisance, et les Russes de Totleben ont été fort étonnés du nombre relativement minime des pièces dont ils se sont emparés après la reddition de Plevna.
Le 31 août, le général Skobeleff, commandant l'une des colonnes d'attaque contre Lovca, séjournait à Kakrine, à quatorze kilomètres à l'est de Lovca, près de la route de Selvi. Le flanc droit d'Osman pacha était complètement libre de Plevna à Lovca. Le détachement Skobeleff se composait de la 1'* brigade de