‹ La guerre sur le DanubeChapitre 166 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

« Dans cette chaude affiiire, outre le colonel Eljanowsky, le capitaine d'état-major Kouropathine me rendit de nouveau des services inappréciables. Je crois de mon devoir de rappeler ici le souvenir du peintre Verechaguine S qui périt de la mort des braves, quelques jours après, le 30 août. »

C'est par l'action dont nous venons de lire le récit, que la troisième bataille de Plevna, qui devait durer <iinq jours, s'était engagée. A l'heure même où le général Skobeleff rectifiait sa ligne de combat, dans la nuit du S au 9, l'infanterie roumaine recevait le baptême du feu en s' emparant d'une tranchée turque, à 1,500 mètres de Grivitza. Le i S'' régiment de Dorobantzi avait subi une perte de 120 hommes. L'aile droite et l'aile gauche de l'armée russo-roumaine s'étaient ainsi installées sur les positions les plus vidsines des défenses turques du sud et de l'est. La canonnade devait continuer jour et nuit, contre les redoutes, jusqu'à l'assaut général.

Le 9, à cinq heures du matin, les Turcs attaquèrent les positions 'de Skobeleff, entre Brestowetz et la Tutchenitsa. Les sept ou huit bataillons ottomans lancés contre les Russes, réussirent un instant à mtttre en grand danger des batteries construites à trop

1. Le peintre Verechaguine avait visité Sistova, en compagnie de M. Lançon, de VlUt^tration, de M. Paul Granet, de la RépMique française, et de Tauteur de cet ouvrage, quelques jours avant sa mort.

courte distance, mais leurs assauts furent enfin repousses. Sur toute la ligne, la canonnade avait continué, sans produire les grands effets qu'on en attendait. La consommation de munitions était telle qu'il fallait absolument hâter l'attaque générale. Elle fut fixée au 11 septembre, après un conseil de guerre auquel assistèrent l'empereur Alexandre, le grand-duc Nicolas, le prince Charles de Roumanie et les commandants en chef des corps d'armée. Cependant, le général Skobeleff, à la disposition duquel on mit quelques renforts, reçut l'ordre de s'emparer, dès le 10, de la troisième crête, c'est-à-dire de la hauteur de Krischin, dominant Plevna par le sud \ Skobeleff s'installa le 10 sur la deuxième crête qu'il avait précédeniment abandonnée, mais il prit sur lui de ne pas aborder les positions retranchées de la troisième crête. Il préférait ne pas dépenser ses forces dans une attaque partielle, et ne pas épuiser ses troupes dans une lutte inégale, avant le moment de l'assaut définitif. Les réflexions dont le général commandant l'attaque des redoutes du sud accompagne son rapport du 10 septembre, seront éternellement citées par les historiens militaires. Le jugement porté par lui sur la guerre franco-ailemande, après Sedan et Metz, intéressera tous 4es officiers :

1. Il y avait une quatrième crête, entre Krischin et Plevna^ ou plutôt un plateau, dominé d'une hauteur de cent mètres par la troisième crête.

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