‹ La guerre sur le DanubeChapitre 167 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

« Une cause sérieuse, dit-il, de ces retai*ds de l'attaque était la nécessité évidente de fortifier les positions conquises par des travaux, opération qui ne laissait pas d'offrir des difficultés considérables avec l'insuffisance si regrettable, pendant cette campagne, des outils à la disposition immédiate des corps de troupes. Les hommes creusèrent la terre à Taide des couvercles de bidon et des mains. Les ceps de vigne furent arrachés également à Taide des mains, pour débarrasser les champs de tir.

« L'importance que cette question de la préparation et de la fortification des champs de bataille a prise dans la guerre actuelle, m'autorise à faire, à ce propos, quelques remai'ques.

« Les troupes d'infanterie qui ont assisté à une affaire un peu chaude, en reviennent, en grande partie, sans outils.

« Notre soldat, lorsqu'il marche à l'attaque sur un terrain difficile 'et particulièrement dans les jours chauds, s'allège tout d'abord de son outil ; il le jette, puis le manteau, et enfin la musette aux biscuits prennent le môme chemin. Aussi les troupes, parvenues sur un point où elles doivent se maintenir, n'ontelles plus les moyens de se couvrir contre les feux de l'adversaire, comme l'infanterie l'a fait constamment : 1® dans la guerre de sécession ; 2** dans les quatre années meurtrières de la guerre carliste, et 3® dans la guerre actuelle, où c'est pour les Turcs un principe.

(c 11 semble, en conséquence, qu'il serait plus convenable de faii'e suivre les troupes d'attaque par leurs outils ou d'avoir dans le régiment des détachements spéciaux dont la mission serait de fortifier immédiatement les positions enlevées à l'ennemi.

« Il est impossible de ne pas signaler également l'insuffisance des ressources mises à la disposition du détachement pour l'exécution des travaux de fortification. Pour un effectif de plus de 20,000 hommes que comptait le détachement de Votre Altesse, nous n'avions, et encore par hasard, qu'un seul piquet de 35 sapeurs avec un sous-officier, sans un seul officier du génie, bien que notre Académie du génie militaire fournisse tous les ans des spécialistes par douzaines, Étant donnés l'armement moderne de l'infanterie et la faiblesse relative, au point de vue des actes décisifs, de l'artillerie à longue portée, si les armées françaises de la deuxième période de la guerre de 1870-71 avaient adopté rigoureusement le système des pointes stratégiques (dirigées de préférence sur les communications) en le combinant avec une tactique strictement défensive et appuyée par des travaux de fortification passagère, — cela ne fait maintenant aucun doute pour moi, — la campagne aurait eu pour les Français une issue plus avantageuse. »

L'attaque générale devait avoir lieu le 11, à trois heures de l'après-midi. Nous avons vu quelles étaient les positions des iv« et ix* corps et de l'armée rou-

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