‹ La guerre sur le DanubeChapitre 168 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

maine depuis le commencement de Taclion d'artillerie. Les combats engagés au sud pour amver à la conquête de la troisième crête des montagnes vertes et des redoutes turques, ayant été de beaucoup les mieux conduites et les plus énergiquement menées, il importe de rester à l'aile gauche avec le général Skobeleff, avant de rendre compte des assauts tentés au centre et à l'aile droite. La montagne verte^ dont nous voyons si souvent reparaître le nom, est située à fort peu de distance de la hauteur occupée par les redoutes du sud, dont elle n'est séparée quç par un ravin, au fond duquel coule un ruisseau. SkobelefT ^vait placé une partie de son artillerie sur une position de flanc, d'où elle couvrait de ses projectiles le revers de la colline à escalader. Il mit ses troupes en ordre de combat, avant dix heures du matin, le régiment de Vladimir, le 10® bataillon de chasseurs, et trois compagnies du régiment d'Esthonie en première ligne.

Portées en avant, avec mission de s'installer sur une crête qui leur permît d'attendre, en bonne position, l'heure de l'attaque générale, les troupes furent bientôt décimées par le feu des Turcs, dont les tirailleurs embusqués occupaient le sommet de la montagne verte. Skobeleff perdait beaucoup de monde, il résolut de devancer l'heure de l'assaut et de remplir, avant le signal attendu, la première moitié de sa tâche. Un peu après deux heures, il lança le régiment de Soudzal contre les tirailleurs turcs et enleva la montagne

certe où, sous un feu terrible des redoutes, il prépara ses colonnes d'assaut. Elles étaient composées des régiments de Soudzal et de Vladimir et des 9® et lO"" bataillons de chasseurs, avec le régiment de Revel en seconde ligne. Sur la deuxième crête ou en arrière, étaient restés le régiment de Liebau, les 11* et 12^ bataillons de chasseui-s, deux bataillons de Kalouga et deux bataillons d'Esthonie. Trois batteries avaient ouvert leur feu contre les redoutes.

A l'heure dite, la première ligne se leva tout entière et se porta en avant, au son des musiques et tambours battants. Les deux régiments de Vladimir et de Soudzal, et les 9* et 10® bataillons de chasseurs apparurent en pleine crête, parcoururent le plateau, descendirent dans le ravin et s'arrêtèrent devant le ruisseau, fauchés depuis leur départ par un feu d'artillerie et de mousqueterie épouvantable. Une chaîne de tirailleurs avait traversé le ruisseau et se tenait couchée, aplatie contre le versant nord, épuisant dans une action disproportionnée, contre des troupes parfaitement couvertes, ses dernières munitions. Skobeleff appela le régiment de Revel, placé comme nous venons de le voir, dès le début de l'assaut, en première réserve, derrière la troisième crête, et le remplaça sur la position qu'il quittait, par le régiment de Liebau et les 11^ et 12« bataillons.

On vit tout à coup, quand l'action faiblissait au fond du ravin, apparaître au sommet de la troisième

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