‹ La guerre sur le DanubeChapitre 172 sur 232 · CHAPITRE XVJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVJ

renforts y je n'en ai jms. J'attends des rapports précis sur les pertes du 30 août. »

L'impétueux général Skobeleff avait pris, dès le matin du 12 septembre, les dispositions nécessaires pour résister à l'attaque des Turcs, que nous avons vue se prononcer dès Taube. Il avait garni d'une demi-batterie la gorge de la redoute n° 1, pour répondre à l'artillerie de la redoute de Krischin. Une première action des Turcs, en colonnes de compagnies, précédées d'une chaîne épaisse de tirailleurs, et conduites avec un courage extraordinaire par les officiers, fut repoussée, non sans sacrifices. Les Ottomans revinrent' peu après à l'assaut, aidés par une diversion opérée sur le flanc droit des Russes, près du ravin de la Tutchenitsa. Une troisième attaque, dirigée avec un ensemble merveilleux sur les deux ouvrages et la troisième crête, força les Russes à mettre à l'abri leurs réserves et à évacuer un instant les redoutes, criblées, avant la marche en avant de l'infanterie ottomane, de projectiles d'artillerie tirés avec la plus grande justesse. Skobeleff arrêta les fuyards et réoccupa les redoutes déjà envahies par quelques tirailleurs ennemis. Ce nouvel échec des Turcs fut mis à profit pour renforcer avec quelques compagnies de réserve, moins éprouvées, la garnison des redoutes.

A ce moment même, Skobeleff recevait du général Zotoff, que des rapports récents avaient complètement éclairé sur les pertes subies, une autorisation de retraite :

« Par ordre du grand-duc commandant en chef, disait-il, si vous ne pouvez vous maintenir sur vos positions, commencez, mais dans tous les cas pas avant le soir autant que possible, à battre en retraite lentement sur Tutchenilsa, en vous couvrant par la cavalerie de Léontief. Communiquez cet ordre de Son Altesse Impériale au prince Imeretinsky. Gardez le plus grand secret sur cet ordre ; il est trop évident pour moi que vous saurez le comprendre et assurer le nécessaire pour son exécution.

« La redoute de Grivitza est entre nos mains, mais il ne nous reste plus rien pour continuer Toffensive, et il a été décidé qu'on se replierait lentement. »

Le commandant de l'attaque du sud ne perdit pas courage et résolut, coûte que coûte, espérant que Tétat-major se déciderait peut-être à tenter un nouvel effort après un succès au sud, de se maintenir dans les redoutes. Deux de ses pièces avaient été démontées ; il en fit venir d'autres ; mais elles n'étaient pas plutôt en ligne qu'un obus faisait sauter le caisson. Les conducteurs, les chevaux et la plupart des servants furent tués. Cependant, grâce à l'envoi par le prince Imeretinsky d'un renfort d'environ 150 hommes, les Russes résistèrent à un quatrième assaut des Turcs. L'ennemi cessa son feu de mousqueterie et diminua son feu d'artillerie. « Les redoutes, a dit le général Skobeleff, présentaient, à trois heures et demie, un tableau effrayant. Des monceaux de cadavres turcs

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