‹ La guerre sur le DanubeChapitre 175 sur 232 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

OORMY -DUBMIK. — TELKÎHB. — INVESTISSEMENT DE PLBVNA.

Le premier moment de découragement causé par les sanglants combats des H et 12 septembre fut bientôt passé. Quand. les nombreux blessés eurent été évacués sur Nicopoli ou Sistova*, quand la garde et les dernières divisions appelées de Russie furent entrées en ligne, les plus ardents généraux de l'armée russo-roumaine comprirent que les coups de force retentissants n'étaient plus de saison. On avait maintenant pour soi l'écrasante supériorité du nombre; il ne fallait pas s'exposer à perdre ce précieux avantage. Les ressources suprêmes de la Turquie s'épuiseraient

1. On ne saurait passer sous silence le dévouement infatigable que montrèrent les médecins roumains, chefs des diverses ambulances, pour venir en aide à ces misères. II nous suffira de citer les noms de MM. Davila, médecin en chef de l'armée roumaine, Kalendero, de La Pommeraye. Ce dernier, placé à la tête des ambulances si chargées de Slatina, est un de nos compatriotes, frère du professeur au Conservatoire, Henri de La Pommeraye. Fixé en Roumanie, depuis de longues années, M. de La Pommeraye, atteint par le tjrphus, au milieu de ses malades, a reçu du prince Charles les distinctions les plus flatteuses.

bientôt dans une lutte inégale. Savoir attendre, tel devait être le mot d'ordre de Tétat-major moscovite. Totleben investirait Plevna et bloquerait dans cette place improvisée le meilleur des généraux turcs et l'armée dont le moral était le moins éprouvé. L'hiver viendrait bientôt et l'armée aurait à souffrir des intempéries de la saison ; mais une campagne dans la neige n'était pas faite pour effrayer les soldats du czar. Elle ne pouvait que leur donner de nouveaux avantages sur un adversaire habitué à de plus chauds climats. Dès la fm de septembre, l'armée de l'ouest avait pris ses dispositions pour un long hivernage. Les troupes étaient munies de vêtements chauds et portaient l'indispensable peau de mouton. C'est avec un peu plus de 120,000 hommes, en y comprenant les forces envoyées au delà du Vid, que Totleben poursuivrait, en octobre, son entreprise. Cette armée disposerait de 550 canons, dont 40 de gros calibre.

En face de chacune des positions turques de l'est et du sud s'élevèrent bientôt des ouvrages solides. Le général Totleben se proposait, ainsi qu'il Ta expliqué depuis : 1° d'empêcher Osman pacha de sortir et de l'obliger par la famine à se rendre prisonnier avec toute sa garnison ; 2^ de soigner, de conserver et de renforcer l'armée de l'ouest, afin de pouvoir, après la chute de cette place, l'employer à soutenir les autres armées qui manquaient de réserves, et, profitant de ses succès, de prendre l'offensive avec vigueur.

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