‹ La guerre sur le DanubeChapitre 178 sur 232 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

« II s'attendait, disait-il, à un assaut décisif, qu'il appelait de tous ses vœux, sûr de pouvoir le repousser, en injQigeant aux Russes, grâce au développement donné à ses fortifications, des pertes encore plus considérables que celles subies par eux les 11 et 12 septembre. A la faveur de cette victoire, il ne doutait pas de la possibilité pour lui de quitter Plevna avant l'épuisement de ses approvisionnements. » Quoi de plus dramatique que ce général en chef souhaitant ardemment l'attaque d'un ennemi trois fois supérieur en nombre, pouiTU d'une artillerie cinq fois plus puissante que la sienne! Quoi de plus poignant que cette fièvre d'attente chez un homme sûr de ses moyens d'action, confiant en luimême et dans la destinée !

Nous savons qu'après les combats des 11 et 12 septembre, la région de l'ouest était encore ouverte à Osman pacha. Les détachements de cavalerie de Leonof et Lochkaref avaient déjà franchi le Vid, aux heures où se livraient les batailles autour de Plevna, afin de prolonger les deux ailes moscovites et de poursuivre les Turcs en retraite, si l'année russe réussissait dans ses entreprises contre le camp retranché. Aussitôt après les événements du milieu de septembre, et en attendant l'arrivée des renforts annoncés, l'état-major russe résolut de menacer plus sérieusement, et d'une façon permanente, les communications d'Osman pacha. Peut-être réussirait-on ainsi à empêcher le ravitaillement du camp retranché. Le général Krylof, qui venait

depuis Tarrivée de Totleben, "de céder le commandement du IV' corps à son ancien chef le général Zotoff, remplacé lui-même, comme ad latus du prince Charles, par le grand ingénieur, reçut la mission d'opérer au delà du Vid contre la route de Sophia avec une puissante cavalerie de 6,000 chevaux traînant avec elle 43 pièces de canon. Cette masse, capable de sérieux efforts, était composée de trois régiments de la 4* division de cavalerie (4* uhlans, 4" hussards, 4* dragons), sous les ordres du général Leontief ; de la brigade des Cosaques du Caucase (régiments de Kouban et de Vladikawkaz) avec le colonel Tutolmin; de la brigade des Cosaques du Don (n**^21 et 36), avec le colonel Tzemozoubov ; de la brigade roumaine de hussards rouges du colonel Kretiano, et de la brigade de Calarassi (cavalerie territoriale roumaine), du colonel Formak. Cette armée avait ordre de se porter assez loin de Plevna pour que les convois attaqués ne pussent être immédiatement secourus par les sorties de cette place.

La route de Plevna à Sophia franchit le Vid à 5 kilomètres à l'ouest de cette ville sur des ponts que protégeaient les jignes de redoutes établies au haut des pentes occidentales delà vallée , sur un parcours de 6 , 500 mètres du sud au nord, d'Oltchages à Opanetz. Les premiers ouvrages importants destinés à assurer les communications de la garnison de Plevna étaient placés à Gorni-Dubnik, à 19 kilomètres des ponts du Vid, c'est-à-dire à une journée de marche de Plevna. La

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