CHAPITRE XVII
berg, à la tête de quatre escadrons, se heurta à des forces importantes le 20 septembre, près de Rakita, à 4 kilomètres de Teliche. Le lendemain, le colonel Tutolmin constata la présence d'environ 5,000 hommes d'infanterie, et 7 ou 800 cavaliers. Le 22 septembre, le général Krylof, averti dans la matinée que des forces s'avançaient de Gorni-Dubnik sur Dolni-Dubnik, prit ses dispositions de combat et essaya de faire coïncider une attaque de flanc contre les Turcs en marche sur Plevna, avec une tentative sur les derrières du détachement, à l'aide de la cavalerie Lochkaref, mais ce mouvement échoua misérablement; le général russe eut même à se défendre contre des forces sorties de Plevna, et ne put que canonner, à grande distance, clans la nuit du 22 au 23, la colonne ottomane qui venait renforcer Osman. Le grand ccftivoi de ravitaillement et de munitions attendu par l'armée de Plevna entra ainsi sans encombre dans la place. Le but principal de la campagne de cavalerie au delà du Vid était manqué. Cependant le général Krylof poursuivit sa mission par une série de reconnaissances dans la région d'entre Vid et Isker. Au nord, un de ses détachements se porta le 25 jusqu'à Rahova, dont il canonna les redoutes ; au sud, une autre expédition s'était lancée Je 30 jusqu'à Radomircé, au delà de Teliche, dont le I>ont sur l'un des affluents de l'Isker avait été coupé. Une série de petits combats souvent favorables aux Russes, qui s'emparèrent de quelques convois de farine
et d'une certaine quantité de bœufs et de moutons, furent livi'és jusqu'au milieu d'octobre par la cavalerie du corps Krylof; mais cette campagne décousue, conduite sans vue d'ensemble, échoua complètement en ce sens que Plevna et Orkanié restèrent en communication. En effet, Chefket pacha avait réussi à faire pénétrer dans la place un autre convoi plus important encore que le premier. Il le conduisit luimême à la tête de la majeure partie de ses forces et conféra avec le commandant en chef sur la conduite à tenir dans les deux hypothèses d'une tentative d'investissement avortée ou de la réussite des projets des Russes, dont les formidables renforts venaient d'entrer en scène.
L'état-major disposait maintenant de toutes ces ressources : trois divisions de la garde, deux divisions de grenadiers et la brigade de chasseurs impériaux. Il résolut de mettre à exécution, coûte que coûte, le plan d'investissement du général Totleben. On confia le commandement en chef des brigades de cavalerie de l'armée de l'ouest, au brave général Gourko, dont nous avons déjà vu l'activité se déployer sur un autre terrain. Cet homme de guerre n'eut pas de peine à reconnaître que la ligne d'étapes des Turcs, encore renforcée depuis les tentatives malheureuses du général Krylof, ne serait coupée qu'avec de l'infanterie. Le grandduc se décida bientôt à donner une division, puis deux, enfin le commandement en chef de la garde et de la