CHAPITRE XVIf
Teliche au moment où les Russes décimés battaient en retraite. Unis à la garnison victorieuse de cette place, ils auraient pu, en se portant vers Gorni-Dubnik, sauver Ahmed pacha et conseiTer pour longtemps encore les communications avec Osman pacha. Nafiz bey, commandant de ces forces, et Hakki pacha, commandant de Teliche, n'osèrent pas tenter l'aventure. Quant à Chefket pacha, il ne se sentait pas de force à reprendre Gorni-Dubnik. Désormais installé sur les communications de l'armée de Plevna, gardé sur son flanc gauche par la 2* division de cavalerie de la garde, le général Gourko allait pousser plus loin ses avantages. Le 28 octobre, il cerna Teliche dont les ouvrages .étaient également composés d'une grande et d'une petite redoute avec logements à grande distance. Après avoir subi pendant trois heures le feu concentrique de 60 pièces de canon, la garnison, découragée par la nouvelle de la prise de Gorni-Dubnik, capitula.
Elle était forte de 2,500 hommes avec 4 pièces de canon. Un assez grand nombre d'hommes isolés s'étaient échappés pendant le bombardement. Chefket pacha n'attendit pas l'attaque des Russes à Radomircé, et battit précipitamment en retraite sur Orkanié et la chaîne du Balkan d'Étropol. Osman pacha avait compris, de son côté, que l'investissement définitif commençait. Il évacua ses positions de la rive gauche du Vid et fit rentrer dans Plevna la petite garnison d'étape de Dolni-Dubnik.
Pendant que les Russes s'empressaient d'établir sur la rive gauche du Vid une série d'ouvrages pour compléter à l'ouest la ligne des travaux déjà terminés au nord, à l'est et au sud, des colonnes moscovites se portèrent vers les défilés des Balkans et s'emparèrent, dès le 31 octobre, de la position de Teteben et des 500 hommes de garnison qui occupaient les redoutes. Osikowo et Vraca tombèrent également entre les mains des Russes. Autour de Plevna, le cercle d'investissement s'était rapproché par suite de l'occupation fort bien conduite, le 9 novembre, de la fameuse Montagne verte^ dont il a été souvent question dans le cours de notre récit. Le général Skobeleff, l'un des généraux qui ont le mieux compris la nécessité d'user des mêmes procédés que l'ennemi, en remuant beaucoup de terre, occupait déjà la Montagne rousse et la hauteur en avant de Brestowetz. En menant à l'attaque de la position de la Montagne verte^ attaque prudente et suffisamment préparée, le 9* bataillon de chasseurs et le régiment de Vladimir, il avait pour but de restreindre la courbe des lignes russes et de toucher d'aussi près que possible les redoutes turques séparées de cette colline par un ravin d'une faible largeur, au fond duquel nous avons vu succomber tant de braves gens dans les journées des 11 et 12 septembre. La position fut conquise à la suite d'une perte de quelques centaines d'hommes, et gardée malgré plusieurs retours offensifs des assié-