CHAPITRE XVII
gés, grâce à une très savante utilisation du terrain. La ligne d'investissement, complétée par les travaux dont Totleben avait pris l'initiative, comprenait, au sud, entre le Vid et le ravin de la Tutchenitsa : 1° une série d'ouvrages de première ligne demi-fermés et de tranchées d'infanterie à 1,500 mètres des ouvrages turcs de Blasivas (deux fortes redoutes reliées) et une seconde ligne comprenant quatre redoutes avec une simple ouverture à la gorge, au-dessous de Tyrnen ; 2*^ une ligne de tranchées appuyées à droite, au village de Krischin, et situées à 1,000 mètres des quatre redoutes sud-ouest de Plevna. Elle était protégée par deux gros ouvrages à 400 mètres en arrière; 3° un ouvrage au nord de Brestowetz et plusieurs lignes de tranchées protégées par quatre redoutes sur la Montagne verte et le versant du ravin de la Tutchenitsa. Les tranchées turques étaient sur ce point à 200 mètres des abris russes. Entre la Tutchenitsa et la route Plevna-Routschouk au sud-est, une forte redoute au nord-ouest de Radischevo et des tranchées protégées par un grand nombre de batteries épaulées enserraient les puissantes défenses turques à une distance moyenne de 1,300 mètres au nord de la route Plevna-Routschouk. Des tranchées armées gardaient en englobant le village de Grivitza, la vallée de ce nom et rejoignaient la redoute turque conquise le 11 septembre au soir par les Russo-Roumains, et les tranchées à la sape touchant la deuxième redoute dé-
couverte si singulièrement le même jour. Les batteries installées en avant de Grivitza n'étaient qu'à 4,600 mètres de la ville de Plevna. Les ouvrages russes ou plutôt roumains, puisque cette partie de la ligne était occupée par les troupes de la piincipauté, plus patientes et tout aussi vaillantes que les troupes russes, contournaient ensuite la crête, sur laquelle était établi un camp turc, à 1,500 mètres de distance, par une ligne de tranchées avec emplacements pour batteries et ouvrages de seconde ligne à grande distance vers Verbitza. Cinq batteries contrebattaient à 2,100 mètres la redoute tuixjue en arrière de Bukova. Deux rangs d'épaulements, dont le plus rapproché était placé à moins de 500 mètres au nord des ouvrages turcs d'Opanetz, complétaient l'investissement sur la rive droite du Vid. Sur la rive gauche, la série des ouvi'ages partant de Dolni-Netropol se divisait également en deux lignes, dont la première, composée surtout d'épaulements, commandait le débouché des ponts du Vid à 3,200 mètres environ, et la seconde, garaie de puissantes redoutes, contournait les positions ottomanes de l'ouest, à une distance variant de 3,500 à 5,000 mètres.
Au moment même où les Russes resserraient leurs lignes, les Roumains, sous les ordres du colonel Slaniceano (6 bataillons, 10 escadrons et 22 canons), s'emparèrent de la redoute de Vadin, à 14 kilomètres à l'ouest de l'embouchure de Tlsker, le 31 octobre, et,