CHAPITRE XVII
le 21 novembre, de la petite place de Rahova, 25 kilomèti'es plus à Test. La garnison avait subi de fortes pertes et battu en retraite, en traversant TOgustul avec beaucoup de peine. Cette opération, bien menée, faisait le plus grand honneur au général roumain et à ses jeunes troupes.
Osman pacha n'avait pas cependant perdu courage, et sa l'éponse au grand-duc Nicolas, lui proposant une capitulation honorable, l'éponse qui, pour l'honneur des armées turques, sera éternellement citée, prouvait qu'il ferait son devoir, tout son devoir, jusqu'au bout. Le commandant en chef des armées l'usses de Bulgarie lui avait écrit, le 12 novembre :
« Monsieur le maréchal, à la suite de la résistance énergique que j'ai rencontrée de la part de l'armée placée sous votre commandement, j'ai dû prendre les dispositions nécessaires pour cerner complètement Plevna, et vous mettre dans l'impossibiUté d'être secouru. A cet effet, la garde impériale, sous les ordres du général Gourko, s'est emparée de vive force des positions du Gorni-Dubnik le 12 ; trois jours après, les fortifications de Teliche et la garnison qui les défendait ont été forcées de se rendre. Dolni-Dubnik a été évacué ensuite par vos soldats, et mes troupes ont occupé successivement Teteben, Osikowo et Vraca.
« Gomme, dans cette situation, toute résistance ultérieure de votre part ne pourrait occasionner qu'une effusion -de sang inutile, j'ai cru qu'il était de mon
devoir, du devoir de rhumanité, de communiquer à Votre Excellence ces infoiinations et ces considérations.
« J'aime à espérer, monsieur le maréchal, que vous apprécierez les motifs qui m'ont dicté la présente démarche, et je me fais un plaisir de vous assurer que je saurai toujours honorer dans votre personne, comme dans le personnel des braves troupes placées sous votre commandement, des guerriers dignes d'estime et de considération. — Nicolas. »
Voici la mâle réponse d'Osman pacha, datée du 13 novembre :
« Altesse, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m' adresser, en date du 31 octobre, et dans laquelle vous m'annoncez « qu'à la suite de la « résistance énergique que vous avez rencontrée de la <{ part de l'armée placée sous mon commandement, « vous avez dû prendre les dispositions nécessaires « pour ceraer Plevna et mettre cette ville dans l'im- « possibilité d'être secourue. »
« Quoique je partage les sentiments d'humanité que Votre Altesse a bien voulu exprimer et que je lui sache gi'é de la démarche qu'elle a bien voulu faire dans le but d'éviter l'effusion du sang; quelles que soient d'ailleurs les dispositions qui aient pu êti'e prises pour investir Plevna, je ne saurais m' arrêter un seul instant à l'idée de faire mettre bas les armes à mes vaillants soldats.