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CHAPITRE XVIII

CHUTB DE PLEVNA. — CAUPAGNB DB SULEIMAN.

Lorsque le vaillant défenseur de Plevna, dont la confiance dans la fortune se montrait toujours égale, et qui commandait à des troupes aussi disciplinées que solides, jugea, ses provisions étant épuisées et ses munitions diminuées, que le moment était venu de forcer le cercle d'investissement, il prit ses mesures, non pas, comme on Ta cru ou voulu le faire croire, pour sauver l'honneur en accomplissant un dernier acte d'héroïsme avant de capituler, mais pour réussir dans son entreprise. Sans doute, son objectif, la sortie par l'ouest, était connu d'avance, ce qui constituait une infériorité ; mais cette infériorité n'étaitelle pas largement compensée par l'obligation pour les Russes de la rive droite du Vid de parcourir des chemins difficiles et de franchir la rivière s'ils voulaient porter secoure aux troupes du sixième secteur?

Entouré de ses divisionnaires, Adil pacha, Hassan- Sabri pacha et Emin pacha, et de son chef d'étatmajor, Tefvik pacha, officiers de la plus haute dis-

linction , le général turc calcula que , débouchant inopinément des ponts du Vid avec une vingtaine de mille hommes prompts à se déployer sur le terrain favorable de la rive gauche et couverts contre les feux de la première ligne russe par un renflement de terrain jusqu'à 1,600 mètres des ouvrages, il devait s'en emparer. En se servant deux heures api-ès du même débouché, sa réserve, égale en nombre, arriverait sur la ligne conquise, avant les renforts expédiés de la rive droite du Vid par Tétat-major russe, et assez à temps pour permettre à Tannée de premièi'e ligne de changer promptement son objectif supposé : la route de' Sophia, pour l'objectif réel : la route de Widdin.

Le projet était si rationnel qu'il aurait incontestablement réussi, au moins en partie, par la retraite de la majeure paitie des forces turques, sans les informations reçues à l'état-major russe de la bouche de quelques déserteurs, ou si Osman, infoimé de la fuite de ces hommes, avait raccourci, en prévision des nouvelles dispositions du commandement russe, le délai fixé pour l'entrée en action de sa grande réserve. Quoi qu'il en soit, toutes les voitures furent dirigées, dans la nuit du 9 au 10 décembre, sur la rive gauche du Vid. Les troupes turques, munies de provisions et de carlouches, prirent leurs emplacements pendant que Totleben, prévenu dès le matin du jour précédent, faisait passer quelques régiments de renfort et de l'artillerie de l'autre côté de la rivière pour renforcer le général

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