‹ La guerre sur le DanubeChapitre 191 sur 232 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

semblent pas, les jours se suivent, il n'y en a pas deux de pareils : Tun est heureux, l'autre malheureux. Je me soumets aux désirs du commandant en chef de votre armée. » Au général Ganetzky, qui, l'ayant vivement félicité de sa belle attaque, lui demandait de donner l'ordre à ses ti-oupes de déposer les aimes, il resta longtemps sans répondre. Trop ému pour commander à ces braves gens de rendre leurs fusils, il fit signe à Adil pacha de le suppléer dans cette triste circonstance, ôta son sabre et le tendit, sans mot dire, à son interlocuteur. Lorsque le général Skobeleff vint rendre visite à Osman, curieux, lui, le héros russe, de contempler face à face le héros turc, il s'écria : « Pacha, chaque homme est plus ou moins envieux de sa nature. En ma qualité de militaire, je vous envie, parce que vous avez rendu un grand service à votre pays, en nous retenant pendant quatre mois sous les murs de Plevna* » Osman répondit : « Vous êtes jeune, général, mais vous avez déjà fait tant de fois vos preuves, que moi ou mes enfants saluerons un jour en vous un maréchal de l'armée russe. »

Le général Totleben résumait ainsi ses impressions sur Osman : « Son attitude a été pleine de calme et de dignité, tout en ne cessant d'être courtoise. » Quant aux valeureux soldats qui s'étaient aussi bien battus ce jour-là que le 12 septembre, sur la montagne verte^ ils ne déposèrent leurs armes qu'après que les officiers leur eurent donné l'exemple et que les mollahs les y

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eurent exhortés. « Après la capitulation, a dit le commandant de i'ai-mée de l'ouest, l'armée d'Osman, jetant ses fusils, est venue se ranger sous la garde de nos troupes, en gi'oupes silencieux et pleins de dignité. On reconnaissait avec peine dans ces honmies les mêmes soldats qui naguère encore nous opposaient une résistance si opiniâtre. Calmes et résignés, ils semblaient reconnaissants pour la moindre attention dont ils étaient l'objet de notre part. Les oflRciers turcs étaient unanimes à assurer que l'armée de Plevna était une troupe d'élite et que, du moment où elle avait été obligée de mettre bas les armes, les autres armées du sultan seraient incapables de prolonger la résistance. »

Osman pacha, prisonnier des Russes, fut traité avec la considération et les honneurs que méritait sa superbe attitude. L'armée de Plevna se composait, au moment de la reddition de la place, de 43,500 hommes, officiers compris. Elle traînait à sa suite 77 pièces de canon. Les Russes avaient perdu 1,800 hommes et les Turcs plus de 5,000.

Comme tous les hommes vraiment supérieurs, Osman n'expliquait que par une faute commise la fatale issue de sa sortie générale. En effet, dans la conversation qu'il eut, le 13 décembre, avec le grandduc Nicolas, il s'exprima sur ce sujet en ces termes : « J'avais laissé sous les murs de la ville 20,000 hommes d'infanterie, en leur donnant l'ordre de n'avancer que deux heures après le commencement du combat.

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