‹ La guerre sur le DanubeChapitre 210 sur 232 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

der sous le feu des positions de Gorni-Dubnik et de Teliche, ne contraignait-il pas Gourko, désormais placé enti-e lui et Méhémet-Ali, à reculer jusqu'au Vid?

Les mêmes observations sont à noter si Ton aborde la question de la conduite à tenir par les Turcs après la chute de Plevna, la perte d'une grande armée et les succès de Gourko dans l'ouest. La garde de la chaîne des Balkans, à l'exception de la région formant la face sud du quadrilatère, était impossible à partir du 10 décembre. Il n'y avait plus à défendre avec chances de durée, sinon de succès, que la ligne Varna, Schoumla, Jamboli, le cours de la Tundjà jusqu'à Andrinople et celui de la Maritsa jusqu'à Dedeagatch. En dehors de cette zone, on aurait pu organiser sur le flanc droit des Russes marchant de Sophia vers Philippopoli et Andrinople un Plevna dans le réduit du Rhodope avec toutes les forces mahométanes restées au sud ou nouvellement levées dans ces provinces.

Ces amputations énergiques ne sont pas dans le tempérament des Turcs. Parmi les raisons qui les poussent à défendre leur sol pied à pied, même quand les nécessités stratégiques exigeraient une prompte retraite, on peut citer en première ligne la volonté de ne pas abandonner à la merci des populations chrétiennes les familles musulmanes et les mosquées. Si le plan dont nous venons de parler n'a pas été mis à exécution, en concentrant à l'aide des voies ferrées sur la ligne de la Tundja et de la Maritsa inférieure les nombreux déta-

chements dont T ensemble, réuni aux forces de l'ancienne armée du quadrilatère et aux nouvelles levées, aurait constitué une armée considérable, on n'a même pas songé à Constantinople à celui que Napoléon, sur un pareil terrain, n'aurait pas manqué d'adopter, lui qui disait en 181 A dans les plaines de la Champagne : « Je suis plus près de Berlin qu'eux de Paris. » Constantinople est la place ou plutôt la position la plus forte du monde, avec ce facteur en plus que son ravitaillement et ses communications sont toujours assurés. Ses défenses appuyées aux deux mers, protégées sur les flancs par une flotte, pouvaient prendre toute l'extension que des renmeurs de terre comme les Turcs auraient su leur donner. La presqu'île de Gallipoli est également imprenable autrement que par mer.

Supposons que 100,000 hommes, redifs et mustatsfiz, appuyés sur une population fanatisée, se soient installés derrière ces défenses et que le reste de l'armée turque ait été jeté dans le quadrilatère, dont aucune des défenses n'était encore entamée et toujours en communication par Varna et la mer Noire avec Constantinople, la guerre ne se serait-elle pas éternisée? Les Russes n'auraient-ils pas eu à garder d'immenses lignes de communication de la Dobroutcha à Sistova en remontant le Danube, de Sistova à Schipka et de Schipka à la mer Noire le long de la chaîne des Balkans, dont les Turcs eussent possédé tous les débouchés sud. L'entreprise du siège de Constantinople était presque im-

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