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CHAPITRE XIX

Balkan, s' élève pendant seize kilomètres jusqu'au sommet de la passe. L'entrée des montagnes, près d'Orkanié et à Vracesi, était fortifiée, mais les principales défenses s'élevaient sur les montagnes voisines du sommet de la passe, notamment à Arab-Konak. A partir de ce sommet, la route descend dans le vallon de la Komarka, à cinq kilomètres plus loin et se bifurque en deux tronçons courant, après avoir franchi chacun un contre-fort de la chaîne, l'un vers Slatitza, à trente-cinq kilomètres à l'est, l'autre vers Sophia, à quarante-quatre kilomètres à l'ouest.

Tournés d'avance par les sentiers de la montagne partant de Pravetz et d'Étropol, depuis peu au pouvoir des Russes, les ouvrages placés à Vracesi, près de l'entrée de la passe d'Orkanié à la vallée de la Komarka, ne pouvaient être sérieusement défendus. Il n'en était pas de même des redoutes du sommet du col. Un mouvement dirigé sur le flanc droit des Turcs par la colonne du général Dandeville, partie d'Étropol par des chemins de chèvres, au prix de souffrances et de sacrifices sans nombre, pendant que le général EUis, avec le corps principal, observait l'entrée du défilé, détermina Chakir pacha à abandonner Orkanié, Vracesi et la partie nord du passage pour se concentrer dans les ouvrages de la passe de Baba-Konak. Bientôt le général Dandeville occupa une série de hauteurs reliées aux positions dont le général EUis s'était emparé, après avoir suivi Chakir pacha dans sa retraite.

30i LA GUERRE SUR LE DANUBE.

Plusieurs batteries furent installées pour contre-battre celles des redoutes turques, admirablement construites et pourvues de réduits. Des combats sanglants, comparables à ceux dont la passe de Schipka avait été le théâtre à la fin du mois d'août, s'engagèrent pendant toute la première moitié de décembre entre les Russes, cherchant à s'emparer des positions ennemies, et les Turcs, essayant de déloger les envahisseurs des sommets sur lesquels ils avaient réussi à établir quelques batteries. Ces actions de guerre échappent à toute analyse. On remarquera seulement que les Russes virent leurs efforts se briser contre la ténacité des troupes de Méhémet-Ali. Dans un de ces engagements qui coûtèrent un millier d'hommes à l'armée moscovite, celui du 3 décembre, ce général eut un cheval tué sous lui. Arrêtés sur la route de Sophia, les Russes essayèrent de déboucher d'Étropol par le défilé de ce nom vers Slatitza, mouvement qui aurait rendu la résistance des Turcs inutile sur la route d'Orkanié. Ils s'emparèrent des débouchés sud de Ktisekieui et de Kirlisa, mais se firent battre complètement le 12 près de Slatitza.

L'occupation des positions précédemment conquises dans le Balkan d'Étropol fut maintenue, malgré l'extrême rigueur de la saison, jusqu'à l'arrivée, le 25 décembre, de trois divisions de renfort détachées de l'armée de l'ouest après la chute de Plevna. A cette date, le général Gourko résolut de traverser les Balkans, en plu-

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