CHAPITRE XX
vier, rayonnant par sa cavalerie dans toutes les directions, pendant qu*à la même date la colonne qui avait poursuivi Chakir pacha en retraite, se concentrait à Petricevo. L'armée russe face au sud et à la chaîne des monts Rhodope, se développait ainsi sur un front de soixante-dix kilomètres, et occupait les débouchés des routes de Slatitza à Rahmanli vers Test, de Petricevo à Tatar-Bazardjik par Ottlukkieui vers le sud-est, de Sophia à Tatar-Bazardjik par Ichtiman, dans la même direction, et de Sophia à Radomir, vers le sud. Son aile gauche, placée à Slatitza, se trouvait à cent kilomètres au nord-ouest de PhilippopoU; mais son aile droite, dans ses positions autour de Sophia, en était éloignée de près de cent quatre-vingts kilomètres. Il s'agissait, après quelques heures de repos et malgré les rigueurs de la saison, de faire convei'ger vers Test : 1** la droite, par un arc de cercle de plus de trente lieues de développement; 2° le centre, plus rappro* ehé de quarante kilomètres de l'objectif prévu. On formerait ainsi T armée face à Test sur la ligne Rahmanli, Ottlukkieui, Tatar-Bazardjik, pour la concentrer ensuite, par un mouvement rapide de la gauche à la droite, afin d'attaquer en force et de prendre Philippopoli. En procédant sans retard, la droite et le centre avaient de fortes chances de couper de la ligne de concentration préparée par Chakir pacha les 15,000 Turcs de l'armée de Sophia, en pleine retraite vers le front Ottlukkieui, Tatar-Bazardjik.
40i LA GUERRE SUR LE DANUBE.
Les ordres de mouvement domiés, les colonnes se mirent en route. Celle de droite, forte de 9,000 hommes, sous le commandement du général Veliaminoff, rencontra, dès le 8 janvier, à Tchoumourli et à Novoselo,au nord deSamakov, Tarrière-garde de l'armée de Sophia. Le combat se renouvela le lendemain. Dans la nuit du 10 au 11, les Turcs évacuèrent leurs positions. Les Russes se mettant à leur poursuite quelques heures plus tard, atteignirent, le 12, Bani, sans pouvoir les rejoindre. Le 13, après une marche exceptionnellement pénible par les chemins -les plus difciles, ils campèrent à Simcina, qui n'est plus qu'à vingt-cinq kilomètres de Tatar-Bazardjik, dans la vallée de la Maritsa. La colonne Veliaminoff avait accompli, avec le minimum du délai prescrit, son rôle d'aile marchante, mais sans réussir à empêcher la concentration des Turcs.
• Le centre de Tarmée de Gourko, commandé par le général Schouvaloff (22,000 hommes), s'engagea sur la route Sophia, Ichtiman, Voitrenova, pour atteindre à son tour la vallée de la Maritsa, à l'ouest de Tatar-Bazaidjik. Il avait moins de chemin à parcourir, mais sa route était plus difficile. Il traversa* successivement Ichtiman et le col des Portes de fer sans coup férir, et, fidèle au rendez-vous, arriva le 13 à Voitrenova, en communication par son flanc droit avec la colonne Veliaminoff, campée le soir du même jour à Simcina. Il n'y a que neuf kilomètres de distance entre ces