‹ La guerre sur le DanubeChapitre 222 sur 232 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

trente), Silivri (cent soixante-douze) avant d'atteindre Constantinople (deux c^t trente-cinq).

A Tchourlu se détache une route vers le sud-ouest qui, par Rodosto, sur la mer de Marmara, conduit à Gallipoli, à l'extrémité nord-est du détroit des Dardanelles. De Silivri, sur la mer de Mamiara, au cap Kaliendzik, sur la mer Noire, il n'y a qu'une douzaine de lieues.

Le corps russe le plus voisin de Gourko, sur son flanc gauche, était la petite aimée avec laquelle le général Kartsof avait franchi la passe de Trojan. Sa cavalerie reçut l'ordre de rejoindre l'aile droite vers Philippopoli, pendant que l'infanterie, en conamunication avec l'armée du centre, gagnerait la route de Philippopoli à Andrinople par Chirpan.

L'année du centre (Skobelefif et Ganetzky) marcherait directement du nord au sud-est, de Schipka- Kasanlik sur Andrinople, par Eski-Zagra, leni-Zagra et Hermanli. L'armée de gauche (Radetzky) partirait également de Schipka vers l'est pour toucher à lamboli et descendre sur Andrinople par la basse vallée de la Tundja.

Un corps indépendant, sous le général Dellingshausen, déboucherait par la passe Elena-Tvardica et so lancerait rapidement à l'est, en suivant le pied des Balkans, pour ouvrir à l'armée de Zimmermann, s'avançant de la Dobroutcha vers Pravadi, les passages de la chaîne. Il ne s'arrêterait qu'à Bourgas, sur la mer Noire.

L'armée de Gourko, réunie aux environs de Tatar- Bazardjik, entreprit, le 14, par un mouvement général sur les faces nord, ouest et sud de la position, de disperser les détachements turcs concentrés. Ceux-ci évacuèrent la ville, bien que la cavalerie de Gourko menaçât les lignes de retraite à Test, sur la route d'Andrinople. Ils se retirèrent vers les hauteurs de la rive droite de la Maritsa, au sud de Philippopoli, par les chemins qui contournent les montagnes et la voie du chemin de fer. L'arrière -garde ottomane, favorisée par le terrain et les difficultés qu'éprouvaient les Russes pour travei'ser à gué Ja Maritsa, qui charriait des glaçons, protégea le défilé du gros de la colonne. Les bataillons turcs s'installèrent, adossés aux montagnes, sur un terrain bien choisi, dans l'angle formé par le confluent de la Maritsa et de la Stara. La ligne de leurs défenses passait par Karatair, Kadikieui et Dermen, à onze kilomètres à l'ouest de Philippopoli. Le 15, au matin, les Russes traversèrent, près d'Airanli, le gué de la Maritsa et s'emparèrent de ce village. Le général Schouvaloff, franchissant à son tour la Stara, s'empara de Karatair. Malgré ce succès, la gauche de Gourko, qui attaquait Philippopoli par la route du nord, ne réussit pas à occuper la ville, le pont de la Maritsa ayant été détruit, et les Turcs, bien abrités, continuant à défendre la rive droite. La cavalerie parvint cependant à passer la rivière à gué et les Turcs abandonnèrent Philippopoli dans la nuit.

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