CHAPITRE XX
La bataille recommença, le 16 janvier, par l'occu^ pation de la position de Kadikieui, évacuée par les Turcs. Ceux-ci, appuyés, à la hauteur de Dermenl- Déré, essayèrent, en ordre parfait, de se déployer contre le flanc du général Schouvaloff. t'attaque, renouvelée trois fois avec un courage qui ne se lassait pas, échoua complètement. La 31« division russe reçut ces chocs successifs sans se laisser entamer. La droite de Suleiman pacha occupait toute la ligne des collines au sud de Philippopoli. Les Russes entreprirent de tourner son flanc par la route de Stanimaka. Ln violent combat s'engagea à Karagatch. La l^e brigade de la 3" division, conduite par le général Krasnof, s'empara des batteries ottomanes. La lutte continua jusqu'au milieu de la nuit.
Le 17 janvier, le général Gourko, que l'armée de Suleiman ne pouvait plus mettre en péril, disposa d'une grande partie de ses forces pour couper par l'est, sur la route de Stanimaka, la ligne de retraite de ce général, et porter toute une division de cavalerie vers Andrinople par la vallée de la Maritsa. Il se mettrait ainsi en communication immédiate avec le général Skobeleff, qui marchait sur Andrinople du nord au sud par Hermanli, éclairant à grande distance son flanc droit. Le général Schouvaloff procédait le même jour, avec le reste de l'armée, soit 28,000 hommes, à une nouvelle attaque des positions turques. Il divisa ses forces en trois colonnes. Les Ottomans, placés
SOUS les ordres, de Fuad pacha, assaillis sur leur front et leurs flancs, se maintinrent avec une grande opiniâtreté pendant plusieurs heures, mais cédèrent le soir à l'élan des Russes. Ils battirent très précipitamment en retraite au sud, après avoir perdu un grand nombre de canons. Suleimiaxi pacha, incapable désormais de tenir à Stanimaka, se dirigea vers Test avec les 20,000 hommes placés sous son commandement direct. 11 échappa à la poursuite des Russes par des chemins de montagne, mais ne réussit pas à sauver son artillerie, qui tomba aux mains de l'ennemi le 19.
Le général Gourko venait ainsi de briser la dernière résistance des Turcs. Il dirigea son armée sur Andrinople par la route d'Haïn-Kieui, suivant ses instructions. La colonne, partie de la passe deTrojan, sous le commandement du général Kartsof, était arrivée à Ghirpan, au nord de la vallée de la Maritsa, à mi-chemin de Philippopoli et d'Hermanli, en contact avec l'armée de Gourko, dont une partie de la cavalerie (2^ division de la garde) se réunissait, à la même date, à Tavant-garde de l'armée du centre (Skobeleff).
Les corps ayant pour objectif Andrinople, par la route leni Zagra-Hermanli , n'avaient pas rencontré de sérieux obstacles. Cette grande ville, quoique fortifiée et capable d'opposer une résistance sérieuse, fui occupée par les Russes du général Stroukof sans