‹ La guerre sur le DanubeChapitre 30 sur 232 · CHAPITRE IV. Gl · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Gl

une guerre dont le but avoué n'était autre que l'anéantissement des traités en vertu desquels la Roumanie existait*

Cependant, la gauche de l'armée russe continuait à s'installer sur la rive du bas Danube, pendant que de nouvelles divisions, franchissant à leur tour la frontière, se dirigeaient par le chemin de fer roumain vers

le centre de la Roumanie. La 36® division d'infanterie occupait la rive d'Ismaïlia à Reni. Les 11® et 32® divisions et la 11® division de cavalerie campaient à Galktz, Barboche et Braïla, les 9® et 14® divisions s'échelonnaient de Braïla à Buzéo. Les avant-gardes d'autres corps se montraient à Ploiesti, où devait bientôt s'installer le grand quartier général de l'armée du Danube.

Le 6 mai, le grand-duc Nicolas arriva à Galatz avec une suite composée de vingt-cinq généraux ou officiers supérieurs, parmi lesquels on remarquait l'attaché militaire français, colonel Gaillard. La colonie russe de cette ville fit un accueil enthousiaste au commandant en chef de l'armée russe, qui avait mis pied à terre chez un négociant grec, M. Antaki. Le grandduc voulut parcourir le jour même toute la ligne de bataille et visita successivement les positions de Reni à Braïla. Au moment où il descendait de v^^agon dans la gare de cette dernière ville, complètement abandonnée de ses habitants, un des monitors turcs envoya sur le quai même, en guise de salut officiel, un énorme

projectile qui fort heureusement eut assez d'esprit pour ne pas éclater.

Le commandant en chef, après sa tournée d'inspection, ne prolongea pas son séjour sur le bas Danube et retourna momentanément à Kicheneff, pour hâter la concentration de l'armée et lever son quartier général. La simple inspection du terrain avait fait renoncer le grand-duc à l'idée de brusquer les choses. La rive droite du fleuve n'était à cette époque qu'un vaste marécage, et la persistance des pluies faisait craindre qu'on ne pût s'y aventurer de longtemps. Les opérations préliminaires de l'armée d'invasion étaient loin d'ailleurs d'être satisfaisantes. Le chemin de fer roumain, n'ayant qu'une voie, ne pouvait transporter qu'un maximum de 8,000 hommes par jour, avec le matériel correspondant, malgré les prodiges d'activité de M. Gui llou, directeur français récemment remplacé, sur le désir de l'autorité russe, par un major prussien. Le gros et le petit matériel, les innombrables voitures que les régiments moscovites traînent à leur suite, s'accumulaient dans les gares, et le service des munitions et des approvisionnements ne se faisait qu'avec la plus extrême lenteur.

Oiï s'aperçut bien vite que l'armée russe est de toutes les grandes armées européennes la plus lourde à manier, autrement que par petites unités, et, la plus lente à se mouvoir quand elle agit en grosses masses* Aucune d'elles ne traîne à sa suite autant de matériel

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