CHAPITRE VI
Aux difficultés provenant de la configuration des frontières russe, rounxaine et autridiienne, diflicultés dont nous avons essayé de faire comprendre toute l'importance en considérant le terrain comme on considérerait un champ de manœuvres, il convient d'ajouter, en.descendant de la théorie à la pratique, le manque de voies de communications. Le chemin de fer roumain n'ayant qu'une voie ne pouvait transporter qu'un maximum de 8,000 hommes par jour. La destruction d'un certain nombre d'ouvrages d'art par les inondations survenues à la fin du mois de mai avait même complètement interrompu le ti'ansit. Les chemins de fer roumains en exploitation au moment de la déclaration de guerre formaient un ensemble total de 1,223 kilomètres, dont une ligne principale ayant une longueur de 953 kilomètres et quatre lignes secondaires. La ligne principale part d'Itzcani (frontière de Bukovine) au nprd de la Moldavie, descend vers le sud jusqu'au Danube, qu'elle atteint à Barboche-Galatz par Roman, Bacau et Tecoutch, et traverse ensuite la Valachie dans toute sa longueur de l'est à l'ouest par Braïla où elle quitte le Danube, Bouzéo, Ploiesti, Bucharest, Pitesti, Slatina, Craïova, Turn-Séverin où elle touche de nouveau au fleuve, en face de la ville serbe de Kladovo, et Vercierova où elle se relie maintenant, sur la frontière austro-roumaine, avec les chemins de fer hongrois. C'est par une ligne secondaire en concordance avec le chemin russe Ungheni, Kicheneff, Bender, Tiras-
pol, Odessa que l'armée russe rejoignait à Pascani la ligne principale. Cette ligne dont la longueur est de 06 kilomètres est connue sous le nom de ligne de lassy- Ungheni.
L'armée russe n'ayant pas à se porter au delà de rOlto ne communiquait donc par chemin de fer avec le Danube qu'à Galatz, à Braïla et à Giurgewo. Ce dernier point est relié à Bucharest par une ligne secondaire de 70 kilomètres appartenant à l'État et exploitée par lui.
Les routes nationales roumaines sont assez bien entretenues dans les régions qui avoisinent les grandes villes. Elles ont une largeur de 26 mètres. Malheureusement, la nature du sol, surtout près du Danube, et les inondations périodiques les rendent souvent peu praticables pour une armée suivie de son matériel, pendant les mois de mai et de juin. Les routes départementales sont moins bonnes et manquent d'ouvrages d'art. Sur la plupart des routes suivies par l'armée russe les localités se trouvent très espacées et n'offrent que peu ou point de ressources. On marche parfois pendant toute une journée sans rencontrer autre chose, dans une contrée absolument plate, que des puits dont les balanciers en potence apparaissent au loin. Ce sont des oasis dans le désert, moins les arbres. Autour de ces puits, dans d'immenses auges incessamment remplies par les bergers et les voituriers, les buffles, les bœufs et les chevaux boivent à longs traits avant de continuer leur route. Les habitants des bords du Da-