CHAPITRE VI
guerre moderne, à la hauteur des graves circonstances dans lesquelles il allait jouer un rôle.
La citadelle de Routschouk est Tune des quatre places du quadrilatère turc. La face ouest est formée par la ligne Routschouk-Schoumla, dont le développement est de cent kilomètres à vol d'oiseau. Le chemin de fer fait communiquer entre elles trois des places du quadrilatère : Routschouk, Schoumla et Varna. De Routschouk à Schoumla, il v a 145 kilomètres. On passe par la ville de Rasgrad, également située sur la route de terre. Ce point, à égale distance des deux forteresses et placé dans une position favorable sur le Beli-Lom, est entouré de hauteurs dont la possession offre le plus grand intérêt. Rasgrad est peuplée de ^0,000 habitants. C'est le nœud des routes de Turtukaï au nord et de la passe de Kozan au sud, par Eski-Djuma et Osman-Bazar.
La face nord du quadrilatère est formée par la ligne Routschouk-Silistrie et défendue par le Dantibe. Elle a 110 kilomètres de développement à vol d'oiseau. Ici encore nous trouvons, à égale dist^ince des deux places, un point fortifié, Turtukaï, en face de la ville roumaine d'Oltenitza. C'est là qu'en 1853 les Turcs, protégés par de formidables batteries, forcèrent le passage du Danube et infligèrent aux Russes des pertes considérables. Oltenitza, à deux kilomètres du Danube, est l'ancienne Constantiola. Les Roumains du général Manu occupèrent la rive dès le commencement de la gueiTe et
essayèrent d'y construire des batteries. Le 10 mai, Turtukaï ouvrit un feu violent contre ces positions improvisées, qui durent être évacuées à la hâte. Les Russes relevèrent depuis lors les Roumains, mais se bornèrent à commander le cours du fleuve par de nouveaux travaux, sans entreprendre aucune action générale d'artillerie.
La place ottomane de Turtukaï, située à quelques centaines de mètres en amont de l'embouchure de la rivière roumaine Argis, était solidement occupée par les Turcs dès le début de la guerre.
A partir de Turtukaï, en descendant le fleuve, de hautes falaises incultes forment la rive bulgare. En Roumanie, le terrain est absolument plat. A quelque distance dans les terres, on rencontre une longue chaîne de tumalus bordant de distance en distance la route d'Oltenitza à Galarach, les immenses lacs de Mostichte, de Boïano et de Galarach, et des steppes désolées sur lesquelles paissent de nombreux troupeaux^ La ville peu importante de Galarach, située près du lac du même nom et du canal de Borcea, l'un des bras du Danube, était occupée, ainsi que ses environs,- par un simple corps d'observation de la place turque de Sili≜ mais des forces assez importantes étaient échelonnées sur les bords de la Jalomitza, à une journée de marche du Danube. Galarach est à peu près hors de portée des canons de Silistrie.
La place turque, fameuse par le siège mémorable qu'elle soutint en 1855, était occupée, en juin 1877,