‹ La guerre sur le DanubeChapitre 61 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

nécessairement élargir leur base et attaquer soit Nicopoli, soit Routschouk. Dans le premier cas, la petite place tiendrait assez longtemps pour permettre à Osman pacha de se porter à son secours; dans le second, Tarmée du quadrilatère engagerait l'action sur le Lom, pendant qu'Osman pacha marcherait sur les communications des Russes. En admettant que l'armée d'invasion, masquant Routschouk ou prenant NicopoU, essayât de se lancer vers l'un ou l'autre des passages des Balkans et devançât l'attaque d'Osman, elle rencontrerait, soit sur la route de Timova, soit sur celle de Lovca, soit au pied des deux cols praticables, une résistance assez énergique de la part des détachements échelonnés et fortifiés sur les chemins de montagne, pour permettre à la troisième armée d'entrer en scène et de disputer victorieusement le passage aux Russes.

Celte troisième armée, qu'on semblait avoir le temps de former sur le point utile, quand l'armée envahissante aurait prononcé son attaque, était encore en projet. On verra cependant qu'elle faillit accomplir la mission dont on rêvait de la charger, et qu'elle manifesta sa présence assez tôt, sinon pour défendre les passes, au sommet desquelles elle avait été devancée, ou pour les reconquérir, du moins pour forcer le général Gourko à interrompre son raid et à repasser les Balkans. L'armée du sud, dont Suleiman pacha devait prendre le commandement, était alors divisée en deux tronçons: l'un,

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fort de 30,000 hommes \ combattait les Monténégrins, sous le commandement de ce général ; l'autre, en formation et comprenant une vingtaine de mille hommes, que Réouf pacha devait prochainement conduire à l'ennemi.

Le plan primitif du serdar Abd-ul-Kérim, disgracié dès le début des opérations actives, a été abandonné un instant par son successeur Méhémet-Ali, puis repris, mais sans ensemble et, pour ainsi dire, passivement. On doit reconnaître que l'idée d'attendre l'attaque de l'ennemi sur un terrain connu, indiqué d'avance, avec trois armées appuyées, la première à des forteresses solides, la seconde à des positions militaires de premier ordre, la troisième à la chaîne des Balkans, et maîtresses de leurs communications et de leurs débouchés, ne manquait pas de grandeur.

Le plan d'une attaque générale par la Dobroutcha n'avait été examiné par l'état- major russe qu'au début de la campagne. Le maréchal de Moltke ne conseillerait plus de l'entreprendre avec des armées à gros effectifs. La construction du chemin de fer de Routschouk à Varna Ta rendue fort difficile, en permettant aux défenseurs du quadrilatère de se concentrer avec une rapidité presque foudroyante. En adoptant cette ligne de conduite, on se fût condamné à allonger démesurément les communications en pays

1. Déduction faite des troupes qui restèrent en présence des Monténégrins après le départ de Suleiman.

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