‹ La guerre sur le DanubeChapitre 72 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tomber, et les soldats turcs en faction s'abritaient.

Cependant, la besogne avançait. Les soldats du génie, aidés par des cosaques et des détachements de» chasseurs, travaillaient avec une ardeur sans pareille. L'infanterie, divisée en six détachements, était disposée pour l'embarquement, sur le rivage de l'île, à une heure de la nuit. Le premier détachement ne quitta toutefois la rive qu'à deux heures trente -cinq du matin, le 27 juin. Il se composait du régiment de Volhynie, d'une compagnie de cosaques à pied, et de soixante cosaques du Don, le tout sous les ordres du général lolchine. Il fallut près de trois quarts d'heure» pour passer le Danube. L'aube commençait à répandre sur les hauteurs une lumière grisâtre, mais le brouillard cachait encore la rive. Un peu agrès trois heures, le jour se levait quand les passagers des premiers pontons sautèrent hardiment sur la rive turque. Une douzaine de coups de fusil, tirés à la hâte par les sentinelles qui se repliaient, apprirent au général Dragomiroff, resté dans l'île, et aux troupes de débarquement, que l'éveil était donné.

lolchine gagna aussitôt du ten-ain, afin de ne pas se laisser acculer au fleuve, et fit coucher ses soldats dans la boue pour tirailler, en attendant du renfort; mais dix minutes ne s'étaient pas écoulées, pendant lesquelles le reste du premier détachement avait successivement pris pied, qu'une fusillade très nourrie éclata sur le flanc de la colline. En même temps, les canons de

iA LA GUERRE SUR LE DANUBE.

gros calibre de la redoute située entre l'anse de débarquement et la ville de Sistova, ouvraient le feu à la fois contre les barques qui traversaient le Danube et les colonnes d'infanterie massées dans l'île pour attendre leur tour de passage. Les batteries russes ripostèrent, et ce duel d'artillerie ne s'arrêta plus. Un pon- ' ton fut coulé à pic par les canons turcs. !1 contenait deux pièces de neuf et le personnel complet d'une batterie.

Les Turcs de la brigade Achmed pacha, aidés de quelques compagnies de territoriaux et d'irréguliers Tcherkesses, avaient assez promptement occupé les hauteurs. Profitant des accidents de terrain, des arbustes, des vignes dont les coteaux étaient parsemés, ils tiraillaient avec fureur sur le détachement lolchine ; mais ils perdirent un temps précieux dans cette escarmouche, et soit qu'ils attendissent des renforts qui ne leur vinrent pas, ou l'arrivée de pièces de canon dont ils disposèrent un peu plus tard, ils ne surent pas profiter du moment de grande faiblesse des Russes, quand ceux-ci n'étaient encore qu'au nombre de deux ou trois mille, dominés de tous côtés et sans position d'artillerie, pour les aborder franchement. Ils ne l'essayèrent que plus tard, et sans succès, après que l'ennemi se fut étendu à droite et à gauche en forces. Ils ne réussirent pas à déloger lolchine des premières crêtes qu'il avait conquises. Après une lutte acharnée, les Turcs durent abandonner, vers six heures, aux régiments de Volhynie

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