CHAPITRE II. il
diplomatique de l'Europe. L'idée émise par l'agent d'Autriche-Hongrie de réunir une conférence à Mostar n'eut pas de suites, et les réformes octroyées par Yiradé du 2 octobre et complétées par le firman du 12 décembre n'enrayèrent pas les événements. Cette phase de pourparlers diplomatiques devait aboutir, à la fin décembre 1875, à l'envoi aux puissances de la note du comte Andrassy, dont le plan avait été concerté avec les cabinets de Berlin et de Saint-Pétersbourg.
Après avoir tracé l'historique des négociations entreprises depuis le commencement de l'insurrection de l'Herzégovine, sur l'initiative des cours d'Autriche- Hongrie, de Russie et d'Allemagne, le chef du cabinet austro- hongrois exposait que les gouvernements avaient été jusque-là guidés par le désir d'éviter « tout ce qui eût pu être interprété comme une ingérence prématurée de l'Europe ». Les espérances des puissances ayant été déçues, les réformes publiées par la Porte ne semblant pas avoir en vue l'apaisement des populations des provinces insurgées, ni être suffisantes pour atteindre ce but essentiel, le comte Andrassy, d'ac^ cord avec les deux cabinets de Berlin et de Saint- Pétersbourg, posait en principe que « l'unique chance d'éviter de nouvelles complications se trouvait dans une manifestation émanant des puissances ».
L'AngleteiTe, la France et l'Italie, n'ayant rien trouvé dans la note qui fût contraire au traité de Paris, promirent d'appuyer les conclusions des trois cours auprès
du gouvernement de la Porte. Ces conclusions étaient les suivantes : 1° pleine liberté religieuse, à bref délai; 2*» abolition du fermage des impôts; 3<* loi nouvelle garantissant aux provinces de Bosnie et d'Herzégovine l'emploi sur place des impôts payés par elles ; â** création d'un comité mixte, composé moitié de musulmans, moitié de chrétiens des deux confessions et chargé de veiller à l'exécution des réformes demandées par les puissances et promises dans l'iradé du 2 octobre et le firman du 12 décembre 1875 ; 5** amélioration de la situation de la population agiicole.
La Porte, à laquelle la note avait été remise le 31 janvier, adhéra au programme des puissances par une réponse datée du 13 février 1876 ; mais les insurgés, encouragés par l'action des cabinets européens, refusèrent de se soumettre à ces conditions et formulèrent une série de desiderata inacceptables, paraii lesquels figuraient la cession par la Turquie du tiers des terres possédées par les agas, le désarmement des musulmans indigènes et l'évacuation du temtoire de l'Herzégovine par les forces régulières turques, sauf un droit de garnison dans un certain nombre de places désignées par eux. Les événements s'aggi-avèrent encore à la suite du massacre à Salonique, le 3 mai, des consuls de France et d'Allemagne. De nouveaux poui'parlei's entre les cabinets des trois empires amenèrent la rédaction du mémorandum de Berlin le 13 mai. On demandait aux grandes puissances de se