‹ La guerre sur le DanubeChapitre 9 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

concerter sur les dispositions à prendre pour préserver la sécurité de leurs nationaux et celle des habitants chrétiens de Tempire ottoman sur tous les points où elle se trouverait compromise. « Ce but, disait le mémorandum, semblerait pouvoir être atteint par un accord général concernant T envoi de bâtiments de guerre sur les points menacés et F adoption d'instructions combinées aux commandements de ces navires, pour le cas où les circonstances exigeraient de leur part une coopération armée en vue du maintien de Tordre et de la tranquillité. » Ce programme d* intervention,^ qui visait également une entente entre les puissances pour adopter les mesures eificaces que la non-pacification de la Bosnie et de l'Herzégovine pourrait rendre nécessaire au cas où l'armistice à négocier ne porterait pas ses fruits, fut approuvé par la France et par r Italie; mais l'Angleterre refusa de s'y associer, par une note en date du 15 mai.

Les négociations suspendues se rouvrirent quand le cabinet serbe, après deux mois de guerre, demanda, le 24 août, aux puissances garantes d'amener par leurs bons oiBces la cessation des hostilités et de rétablir les bons rapports antérieurs entre la Subhme Porte et la principauté. Elles aboutirent à une suspension d'armes qui dura du 10 septembre au 3 octobre. Les conditions de paix offertes par la Porte ayant été jugées inadmissibles, la lutte recommença pendant que la diplomatie russe proposait aux puissances garantes

d'imposer aux belligérants un armistice de six semaines. La Porte offrit, dès le 12 octobre, de signer un armistice de six mois dont le principe fut accepté par le cabinet anglais, mais repoussé par le gouvernement russe. A la suite d'une mise en demeure formulée par le général Ignatieff, la Turquie consentit, le V^ novembre, à accepter un armistice renouvelable à courte échéance. L'Angleterre reprit aussitôt l'idée précédemment émise par elle de la réunion d'une conférence à Constantinople. La première séance fut tenue le 23 décembre et la dernière le 15 janvier 1877. Les plénipotentiaires se séparèrent sans avoir obtenu l'adhésion de Safvet pacha au programme européen. Si la Porte acceptait la discussion sur certaines des propositions faites par les puissances, elle s'opposait résolument à l'intervention étrangère dans la nomination des valis et à l'établissement d'une commission de contrôle. Safvet pacha se bornait, sur ces points particuHers, à proposer l'étabHssement en Bosnie, en Herzégovine et en Bulgarie, de commissions composées de musulmans et de chrétiens, en nombre égal, mais présidées par un fonctionnaire ottoman.

La Russie ne devait pas rester longtemps inactive. Dès le 31 janvier, le prince Gortschakoff adressait aux puissances une circulaire dans laquelle il expliquait que le refus du gouvernement turc portait atteinte au repos et à la dignité de l'Europe. L'empereur Alexandre, avant de se décider à adopter une ligne de conduite,

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