‹ La guerre sur le DanubeChapitre 83 sur 232 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

\illes, rantagonisme lurco-bulgare se manifestait par des excès comparables à ceux dont les récits amplifiés avaient soulevé l'opinion de l'Europe contre les sectateurs de rislam. Aucune différence dans les procédés, les mêmes massacres d'innocents, les mêmes incendies, le même pillage. Les Russes, il convient de le reconnaître, ne gardèrent pas longtemps leurs illusions. Ils connurent bientôt leurs frères bulgares et s'exprimèrent désormais, sur leur compte, en termes assez sévères.

L'instant critique, c'est-à-dire le premier jour de l'occupation, pendant lequel les Turcs auraient pu attaquer en forces les premières troupes débarquées, fut bientôt passé. Dès le lendemain, les éclaireurs avaient fouillé les routes assez loin pour permettre à T étatmajor russe de se considérer comme bien assis sur la rive droite du Danube. Le combat engagé près de Sistova par les premières troupes de passage, avait inspiré une grande confiance au grand-duc Nicolas. En effet, bien que les Turcs eussent été surpris, ils avaient combattu avec une grande opiniâtreté contre des détachements assez faibles, sans pouvoir les repousser. Les généraux russes redoutaient de mettre en pratique la nouvelle manière de combattre en ordre dispersé. Or, 'exemple fourni par le combat de Sistova semblait fait à souhait pour les rassurer et leur donner foi dans l'avenir. A la suite du débarquement improvisé de fractions non constituées et des premiers hasards de l'action, les soldats russes avaient combattu pêle-mêle, sous la con-

duile des premiers officiers venus, groupés sans préparation, s* appuyant les uns aux autres sans appartenir aux mêmes corps, n'ayant pas derrière eux une réserve organisée. C'est ce que le général Dragomiroff, commandant la li® division, avait constaté dans un rapport adressé au général Radetsky : « Chacune des unités, disait-il, suivait attentivement de Toeil les mouvements de 'ses voisines, et dès que celles-ci se portaient en avant ou dès qu'elles étaient menacées par l'adversaire, elles étaient secourues instantanément par les autres, qui se conformaient à leurs mouvements. »

L'état-major avait également à se féliciter du service d'éclaireurs organisé dans les corps de cosaques du Don ou du Caucase, dès les premières heures de l'occupation. Ces irréguliers ont été comparés, pour leurs expéditions et leurs reconnaissances, aux uhlans de la gueiTe franco-allemande. C'est un tort; si le uhlan va loin quand cette audace est absolument nécessaire, il possède un ensemble de qualités qui fait complètement défaut aux cosaques. Ceux-ci n'hésitent pas à se lancer dans l'inconnu et à traverser d'immenses zones de territoire, mais leur seule manière de se renseigner est de rencontrer l'ennemi. Ils ne savent pas se livrer à ces investigations, si précieuses aux états-majors, dont les Allemands ont le secret. Confiants dans leur bonne étoile et dans la rapidité de leurs chevaux, ils poussent une pointe rapide sans fouiller à fond le pays, et, quand ils sont en petits groupes, se

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