CHAPITRE IX
11 résolut de diriger son aile droite, formée du w coips (de Krudener), vers Nicopoli, pour prendre cette ville, incapable d'une résistance sérieuse, élargir ainsi sa base d'opérations, se créer une nouvelle ligne de communications, et assurer l'entrée en scène éventuelle de l'armée roumaine. L'aile droite, qui serait renforcée si les événements l'exigeaient, se redresserait ensuite pour occuper la rive droite du Vid et le nœud des routes : i^ de Plevna à Sophia ; 2° de Plevna aux Balkans par Lovca-Trajan et Lovca-Selvi. L'aile gauche ayant à protéger l'armée russe contre une attaque venant du quadrilatère, fut composée de deux corps d'armée, les xir et xiu% sous le commandement du Gzarewitch. Elle devait se porter d'abord sur la ligne de la Jantra,puis sur Routschouk, en occupant la route conduisant de Biela à cette forteresse et la rive gauche du Lom. L'armée du prince héritier était au besoin assez forte pour livrer bataille, en attendant des renforts, à une armée turque venant de Routschouk ou de Rasgrad, ou pour mettre, suivant les circonstances, le siège devant Routschouk, que les -batteries de la rive gauche du Danube enserraient déjà d'un demi-cercle de feu. On allait ainsi au plus pressé, ^n dirigeant les forces immédiatement disponibles vers ^es localités où on était sûr de rencontrer l'ennemi, ies reconnaissances envoyées assez loin au sud, en avant ^u centre réduit à moins d'un corps d'armée, permettaient de supposer qu'une attaque venant des Balkans ^Vêtait pas à craindre. L'œuvre de ce corps central
devait être de gagner rapidement du terrain, d'occuper le plus promptement possible les points stratégiques voisins des Balkans, d'étendre sa sphère d'action, de préparer l'œuvre des divisions nouvelles qui entreraient prochainement en ligne, et de tâter l'ennemi, jusqu'à ce qu'on rencontrât une résistance insurmontable, avec des forces aussi restreintes. Le viip corps (Radetzki) était préparé à cette tâche. Nous l'avons vu à l'œuvre pendant le passage du Danube. Le grand-duc Nicolas et l'étatmajor général en suivraient plus particulièrement les opérations.
Le premier point à conquérir pour assurer les communications des Russes, les maintenir à l'abri d'une attaque générale qui pouvait remettre en question leurs récents succès, et donner la possibilité à l'aile gauche de se déployer utilement face à la ligne ouest du qua^ drilatère, était Biela, petite ville située sur la rive droite de la Jantra, à vingt-quatre kilomètres de l'embouchure de cette rivière, quarante-huit de Routschouk, trente-cinq de Sistova, quarante-cinq de Tirnova. La possession du pont de Biela était indispensable à l'année russe. 11 y avait tout lieu de croire cependant que les Turcs, s'ils n'étaient pas résolus à livrer bataille sur la rive gauche de la Jantra et à disputer la route de Tirnova, ne feraient pas une longue résistance. Dans l'hypothèse admise dès cette époque par l' état-major russe, que les Ottomans se borneraient à défendre la face ouest du quadrilatère, Biela devenait pour eux une